HIGH-TECH - Le jeu vidéo indépendant arrive sur le devant de la scène grâce à l’essor du crowdfunding.

Depuis la sortie du jeu phénomène Minecraft en 2009, les ambitions des développeurs amateurs ont changé. Fini les jeux indépendants (entendez un jeu réalisé par une petite équipe de développeurs) cantonnés au stade de projet. Face aux gros studios du type Ubisoft, les amateurs bénéficient désormais d’un concept de financement propre aux jeux vidéo: l’early access steam.

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Le principe est simple: les développeurs mettent en vente une version bêta du jeu (une pré-version) que les joueurs intéressés achètent à prix réduit. Les développeurs relancent plusieurs fois le buzz par le biais de mises à jour et utilisent l’argent récolté pour achever leurs productions. «C’est une sorte de crowdfunding [financement participatif, NDLR]», explique Laurent Lechat, développeur français du jeu Planet Centauri. «Le jeu doit être jouable un minimum. S’il est trop incomplet, le projet souffre d’une mauvaise réputation et ne peut aboutir», précise-t-il.

Le crowdfunding, partisan du succès des jeux indépendants

Face à ce risque, les développeurs peuvent se financer en amont via les sites de crowdfunding. Selon un rapport de Game Statistic réalisé en avril 2013 sur le financement participatif, le jeu vidéo est le secteur le plus financé par le site américain Kickstarter. Malgré le poids du géant américain, les Français préfèrent utiliser un site made in France: Ulule.com (plus simple d'accès).

Cette aide est indispensable, surtout au début du processus. «Le développeur amateur crée son jeu sur son temps libre et doit survivre financièrement jusqu’à la mise en place d’une première version du jeu sur plateforme», remarque Laurent Lechat.

Un apport essentiel des plateformes numériques d’achat

Pour fonctionner, ce système s’appuie sur des plateformes numériques (comme Steam ou Desura plutôt destinées aux jeux indépendants) qui permettent aux développeurs d’être directement en lien avec le public. Ensuite, ils mettent en vente leur pré-version sur ces plateformes, ce qui amoindrit les coûts puisqu'ils ne passent plus par un éditeur. Mais de nouvelles contraintes émergent: «Les développeurs n’ont pas de formation en marketing», explique Laurent. Difficile alors de se faire connaître dans la jungle numérique.

Mais le mouvement est enclenché. Un certain type de créations indépendantes explose sur le marché des jeux vidéos: les jeux «bac à sable» où la créativité est mise en avant. Le joueur n’a pas d’objectif à accomplir et dispose d’une liberté d’action totale. «Ce sont des jeux à gros potentiel qui sont rentables très vite. Ils ne coûtent pas si cher à développer. C’est plus une question de temps que d’argent», déclare Laurent Lechat.

Planet Centaury, son jeu, lui coûtera 10000€. Un nouveau genre émerge et peut être amené à concurrencer, à terme, les grosses productions. Alors que le crowdfunding explose dans le modèle économique du 21e siècle, un bel avenir s’ouvre aux jeux indépendants.

Nicolas Flon