Les supporters stéphanois veulent devenir actionnaires de leur club

Rédaction 20 Minutes
— 
Le projet «Socios Sainté» propose de faire entrer les supporters des Verts au capital du club.
Le projet «Socios Sainté» propose de faire entrer les supporters des Verts au capital du club. — Philippe DESMAZES AFP

FOOTBALL - L’association sportive de Saint-Etienne pourrait ouvrir son capital à ses supporters. Une première en France.

Et si les supporters français suivaient l’exemple de leurs camarades espagnols? À l'AS Saint-Etienne (ASSE), certains fans des Verts ont publié hier une lettre ouverte aux dirigeants du club. Ils réclament d'entrer au capital du club et devenir des «socios», à l’image des supporters propriétaires du FC Barcelone.

Très répandus de l'autre côté des Pyrénées, les «socios» sont les supporters actionnaires des clubs de football. Ils ont le pouvoir d’élection du président. Chacun débourse en moyenne entre 700 et 1.000€ par an dans son abonnement. «Les socios de Sainté», comme ils se sont baptisés en créant un groupe sur le réseau social Facebook espèrent bien interpeller les deux présidents stéphanois. Le groupe rassemble à ce jour, un peu plus de 2.000 fans.

Les dirigeants , depuis deux mois, semblent favorables à l’arrivée de supporters-actionnaires dans le capital de l’ASSE. «Le modèle espagnol, qui permet de créer une famille élargie avec des supporters actionnaires, nous correspond», approuve Roland Romeyer, le co-président de l'AS Saint-Étienne. «Des études montrent que l'ASSE a entre 1,8 et 2 millions de supporters.»

>>> Retrouvez l'ensemble des articles écrits par les étudiants de l'IPJ -Paris Dauphine dans le cadre de leur journal école avec 20 Minutes

 

Des propriétaires réticents

L’idée de socios dans le football français a même redescendu le cours de la Loire. A Nantes, l'association «à la nantaise» propose également un projet d’actionnariat populaire pour les supporters du FC Nantes. Depuis sa fondation en 2010, l’organisme a collecté près de 35.000€, soit l’équivalent de 7% du capital du club. Une bonne performance, même si, selon une étude de l’IUT de Nantes, publiée le 17 avril, les 20.000 supporters nantais seraient capables de lever 1,7 million d’euros. Mais le propriétaire du club est «totalement hostile à notre projet», déplore Florian Le Teuff, le président de l'association.

Des initiatives encouragées par le député socialiste Jean Glavany, qui plaide en faveur d’un «modèle populaire et durable du football français», dans son rapport du 29 janvier 2014. Selon lui, l’absence de socios dans le football hexagonal est liée pour partie, au refus des propriétaires de club. D'après lui, «ils ne veulent pas partager le pouvoir».

Vincent Kranen