Florent Gueguen: «La loi sur l'économie sociale et solidaire est une bonne nouvelle»

Rédaction 20 Minutes
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Pour le dirigeant de la Fnars, l’économie sociale et solidaire est la solution pour résister à la crise économique.
Pour le dirigeant de la Fnars, l’économie sociale et solidaire est la solution pour résister à la crise économique. — Fnars

POLITIQUE - Directeur général de la Fnars, fédération d'associations de solidarité, Florent Gueguen revient sur le projet de loi sur l'économie sociale et solidaire.

Discutée de nouveau à l'Assemblée Nationale depuis mardi, le projet de loi sur l'économie sociale et solidaire (ESS) a convaincu la Fnars, fédération d'associations de solidarité, et son directeur général, Florent Gueguen.

Quelle place occupe les associations dans l’ESS?

Sur les 2,3 millions de salariés de l’ESS, la plupart se trouvent dans le milieu des associations, c’est-à-dire environ 1,8 millions de salariés.

Que pensez-vous du projet de loi?

Pour la Fnars, globalement c’est une bonne nouvelle. Il permet de définir les principes de l’économie sociale et solidaire et de créer des verrous qui permettent d’éviter une concurrence déloyale avec les entreprises qui ne respectent pas les valeurs de l’ESS.

Pourquoi étiez-vous contre au départ?

Lorsque le projet de loi a été présenté au Sénat en novembre, nous y étions opposés car il permettait que 50% du résultat d’une entreprise puisse être affecté aux revenus des dirigeants et seulement 50% à la production. Cela aurait ouvert la porte du secteur de l’économie sociale et solidaire à presque toutes les entreprises. Tel que le texte est présenté aujourd’hui, 76% du résultat doit être réinvesti dans la production et seulement 24% à la rémunération.

Quels points vous dérangent?

Le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) n’est pas ouvert aux associations, ce qui créé un problème de concurrence déloyale entre les associations et les entreprises de l’ESS qui, elles, bénéficient de réductions d’impôt. Les associations doivent être protégées, car elles permettent de lutter contre le chômage de longue durée en remettant sur le marché du travail des personnes qui ne pouvaient pas reprendre un emploi ordinaire.

Que préconisez-vous?

Nous souhaitons que pour chaque marché public, il y ait l’obligation d’embaucher des personnes en réinsertion sociale et ne pas subir la concurrence des entreprises privées nouvellement inscrites dans l’ESS. On souhaite que le nombre de clauses sociales soit doublé. Aujourd’hui, ces clauses sont présentes dans seulement 4% des marchés publics en France.

Propos recueillis par Laetitia Bezain et Pauline Blanchard

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