Thibault Lanxade: «Certains articles de la loi Florange ne sont pas au plus près des réalités»

Rédaction 20 Minutes
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Thibault Lanxade, président du pôle Entrepreneuriat et Croissance du Medef s'oppose aux articles 11 et 12 du texte de loi.
Thibault Lanxade, président du pôle Entrepreneuriat et Croissance du Medef s'oppose aux articles 11 et 12 du texte de loi. — Thibault Lanxade

PATRONAT - Président du pôle entrepreneuriat et croissance du Medef, Thibault Lanxade dénonce la disposition «Florange» qui ne serait pas en phase avec les réalités des entreprises.

Les secrétaires d’État Valérie Fourneyron et Axelle Lemaire ont défendu, cette semaine, le projet de loi sur l’économie sociale et solidaire, à l’Assemblée nationale. Thibault Lanxade, président du pôle entrepreneuriat et croissance du Medef, explique pourquoi le patronat s'oppose à une partie du texte.

Quel regard portez-vous sur ce projet de loi?

C'est fondamentalement quelque chose de positif pour l'économie sociale et solidaire. Mais certains points de la loi ne sont pas forcément au plus près des réalités de l'entreprise, notamment en ce qui concerne les articles 11 et 12.

Ces articles proposent l'obligation d'informer deux mois auparavant les salariés en cas de projet de cession d'entreprise. Pourquoi y êtes-vous opposés?

Depuis que ces articles ont été corrigés au Sénat, ils posent un cadre plus acceptable, mais qui n'est pas encore entièrement pertinent. Une opération de cession doit se mener dans une phase de confidentialité, c'est souvent une nécessité par rapport aux clients et aux fournisseurs de l'entreprise.

Qu'en pensent les entrepreneurs?

Un chef d'entreprise, lorsqu'il engage une cession, intègre forcément ses collaborateurs et ses salariés dans le processus. Ces articles encouragent la méfiance à leur égard alors que dans la majorité des cas, ils font tout pour sauver leur entreprise. Nous ne devons pas légiférer pour des exceptions.

>>> Retrouvez l'ensemble des articles écrits par les étudiants de l'IPJ -Paris Dauphine dans le cadre de leur journal école avec 20 Minutes

 

Quelles sont alors vos préconisations?

Le vrai sujet, c'est la formation, l'accompagnement et le financement des salariés qui souhaiteraient reprendre une entreprise. Il faut que l’État engage une vraie politique à ce sujet. Mais il ne faut pas forcément légiférer pour autant.

Les associations réclament un alignement fiscal sur les nouvelles entreprises intégrées dans l’ESS car elles bénéficient d'avantages grâce au crédit d'impôt compétitivité emploi...

Je comprends qu'il faille harmoniser la fiscalité. Mais, même s'il ne faut pas généraliser, les associations sont très souvent subventionnées. La structure entre les entreprises et les associations n'est pas identique, il est donc logique que les financements soient différents.

Propos recueillis par Pauline Blanchard et Laëtitia Bezain