Les métiers recherchés dans l'économie sociale et solidaire

Rédaction 20 Minutes
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85% des moins de 30 ans qui travaillent dans une entreprise sociale sont satisfaits de leur travail.
85% des moins de 30 ans qui travaillent dans une entreprise sociale sont satisfaits de leur travail. — D. Stephens / IPJ

EMPLOI - Bien au-delà du bénévolat et de l’engagement associatif, l'économie solidaire est un secteur en plein essor et offre de nombreuses opportunités d'emplois.

Vous en croisez tous les jours. Une personne sur dix travaille dans l'économie sociale et solidaire (ESS). Et le secteur continue de recruter.

En dix ans, le nombre d'emplois a augmenté de 23%, contre 7% dans l'économie classique. Selon le Ministère des Finances, on compte aujourd’hui 2,3 millions de salariés de l’ESS et chaque année 100000 nouveaux emplois voient le jour.

Si les associations représentent les trois-quarts de ces emplois, les secteurs qui embauchent sont variés. De l’animation culturelle, au secteur bancaire, en passant par les métiers d’aides à la personne.

Développeur web, comptable, secrétaire

Le médico-social est le secteur qui recrute le plus. Il représente déjà près de la moitié des emplois dans l’ESS et englobe les métiers de services aux personnes âgés, en situation de handicap et ceux de la petite enfance, mais aussi les métiers de la santé. Par ailleurs, les salariés de l’ESS travaillant dans le milieu de la santé sont mieux payés que ceux du privé avec des salaires 20 à 30% plus élevés, comme le souligne un rapport de l’Insee.

Les offres d’emploi sont également nombreuses concernant les fonctions supports comme les postes administratifs, de comptable, de juriste, de contrôleur de gestion ou même de développeur web.

«Si la plupart des entreprises de l’ESS sont des organismes à but non-lucratifs, elles fonctionnent comme des entreprises classiques avec un budget à respecter et des ambitions pour se faire connaître», rappelle Albane Ancelin, directrice du cabinet de recrutement, Page Personnel. Dans une moindre mesure, on retrouve des offres dans le sport, la culture et la communication.

Des conditions de travail équivalentes

Si de nombreux contrats restent précaires car le secteur compte beaucoup de temps partiels, de bénévolats, d’intérims ou de contrats en CDD, «on trouve également une part équivalente de CDI», insiste Albane Ancelin. Le premier salaire d’embauche tourne autour de 1600€ brut par mois. Pas plus bas que dans une entreprise classique, mais le salaire augmente moins rapidement.

Une contrainte compensée par «plus de formations et de responsabilités donc plus de satisfaction personnelle, car on concilie la carrière et l’intérêt général», estime Jean-Michel Cambrai, directeur associé de Sélescope, un cabinet de recrutement de cadres supérieurs et directeurs.

En moyenne, les salariés des associations gagnent plus de 26000€ par an, ceux des coopératives et mutuelles, environ 35000€ tandis que les employés du secteur de la santé touchent jusqu’à 80000€. Mais, selon le rapport de l’Insee en règle général, les salariés de l’ESS, tout secteur confondu, touchent 22% de moins que dans le privé et 13% de moins que dans le public.

>>> Retrouvez l'ensemble des articles écrits par les étudiants de l'IPJ -Paris Dauphine dans le cadre de leur journal école avec 20 Minutes

 

Du travail pour les non-diplômés et les Bac+5

Quant aux formations, on peut travailler dans l’économie sociale et solidaire avec ou sans diplôme. La seule exigence, selon Nicolas Froissart, vice-président du groupe SOS, qui emploie 11000 salariés dans l’entrepreneuriat social, c'est d'«avoir un état d’esprit tourné vers l’autre». Le groupe associatif SOS, très présent dans la santé, devrait recruter entre 1000 et 1500 personnes cette année, avec des postes destinés à des Bac +5 aussi bien qu'à des non-diplômés.

Actuellement, de nombreux postes se créent pour les diplômés dans les métiers de direction, car le secteur se professionnalise. Ceux qui n’en ont pas sont plutôt orientés vers les aides à domicile. Avec la plupart du temps, comme exigences, la mobilité et le permis de conduire.

114000 embauches de jeunes peu qualifiés en 2013

Les entreprises d’insertion permettent également à des personnes éloignées du monde de travail de retrouver un emploi et d’être formées. Les demandes sont ainsi nombreuses dans le secteur du BTP et de la restauration.

«Depuis le début de la crise, ces entreprises d’insertions sont de plus en plus sollicitées, notamment par les chômeurs de longue durée et les jeunes sans formation», rappelle Nicolas Froissart. L’an dernier, le groupe SOS a employé 700 personnes en parcours d’insertion professionnelle. A la fin de leur passage dans ces dispositifs, 73% des personnes trouvent un travail dans une entreprise «classique» ou accèdent à une formation qualifiante.

En 2013, un rapport du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie évaluait à 114000 le nombre d’embauches potentielles de jeunes peu ou pas qualifiés par an, dans le secteur de l'ESS (hors contrats courts, saisonniers ou missions intérimaires). Un nouveau diplôme vient d’ailleurs de voir le jour: un BTS qui forme au métier de conseiller en économie sociale et solidaire.

Marie Aubazac