Polémique autour du nouveau label de Max Havelaar

Rédaction 20 Minutes

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Aujourd'hui, seul un tiers de la production des plantations labellisées «commerce équitable» trouve acheteur.
Aujourd'hui, seul un tiers de la production des plantations labellisées «commerce équitable» trouve acheteur. — Max Havelaar France

ALIMENTATION - Max Havelaar va lancer un nouveau signe de reconnaissance pour élargir son champ d'action. Ce que déplorent d'autres acteurs du commerce équitable.

Des barres chocolatées Twix «commerce équitable»? C’est la promesse du nouveau label lancé en janvier par le leader du secteur, Max Havelaar. Jusqu’à maintenant, seuls les produits composés à 20% de matières premières issues du commerce équitable pouvaient prétendre à la labellisation. Depuis janvier, les produits dont au moins un ingrédient en est issu (sucre, cacao ou coton) peuvent être estampillés FSP (Programme d’approvisionnement Fairtrade).

En Allemagne, au Japon et en Suisse, le nouveau logo bleu et vert sur fond blanc a déjà fait son apparition dans les rayons, accompagné de la mention «programme sucre» ou «programme cacao» (ou coton). En France, le label devrait débarquer l’année prochaine.

Rendre le marché plus accessible

La stratégie du FSP vise à élargir les débouchés des petits producteurs sur le marché mondial. «Le commerce équitable a de vrais effets positifs mais les producteurs n’ont pas suffisamment accès au marché», déplore Marc Blanchard, directeur général de Max Havelaar France.

Avec ce nouveau label, l’association éthique souhaite augmenter la part de production vendue au commerce équitable. Pour la production cacaoyère, l’objectif est de passer de 30 à 70% de la production totale. Dix entreprises agro-alimentaires internationales ont déjà fait le choix de commercialiser des produits étiquetés FSP.

La multinationale Mars s’est engagée à commercialiser sur le marché allemand des barres chocolatées Twix, fabriquées avec du cacao 100% commerce équitable. «Grâce à ces nouveaux contrats, 1,755 million de dollars ont pu être versé aux coopératives agricoles en 2014 pour les aider à se développer», souligne le directeur général.

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Un label au goût amer

Mais pour certains partenaires de Max Havelaar, ce nouveau label ne répond pas aux critères du commerce équitable. «Il affaiblit les exigences et remet en cause la règle d’or: tout ce qui peut être équitable dans un produit doit l’être», explique Gérald Godreuil, président de la fédération Artisans du Monde.

«Ces nouveaux labels vont concurrencer des démarches 100% équitables comme SPP et Ecocert». Et avec le nouveau logo FSP, quasi similaire au label «Fairtrade» classique (bleu et vert sur fond noir), le président de la fédération craint une perte de lisibilité pour le consommateur.

L'attrait de l'international

Pour Marc Blanchard, ces critiques sont injustes: «L’innovation incite les entreprises à acheter des ingrédients de meilleure qualité, produits dans le respect des producteurs et de l’environnement, conformément au cahier des charges.» Le directeur de Max Havelaar France nie faire le jeu des multinationales.

«En France, nous travaillons essentiellement avec des PME. Et si l’on peut travailler avec des multinationales, c’est tant mieux, ça permet de faire bouger les lignes». La priorité de l’association Max Havelaar est de renforcer la présence des produits issus du commerce équitable partout où il y a des consommateurs: grandes surfaces, magasins spécialisés… A n’importe quel prix?

Margaux Bourdin et Marine Wernimont