Théo Curin, nageur libre

Natation Dans les bassins, le jeune collégien de 15 ans est un espoir du pôle France Handisport...

Youenn Gourlay

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A 15 ans, Théo Curin s'est qualifié pour les mondiaux handisport de natation.
A 15 ans, Théo Curin s'est qualifié pour les mondiaux handisport de natation. — Dominique Curin

«Quand j'étais petit, j'avais peur de l'eau.» Et pourtant,Théo Curin, amputé des quatre membres à l'âge de 6 ans après une méningite bactérienne foudroyante, nage aujourd'hui comme un poisson. «C'est mon élément. Dans l'eau, j'oublie le handicap, je me sens libre.» Le collégien de 15 ans s'entraîne quatre heures par jour au Pôle France Handisport Natation de Vichy. «J'attends ces moments avec impatience», s'enthousiasme-t-il.

Philippe Croizon pour modèle

Ce plaisir, il le doit au nageur handisport Philippe Croizon. En 2006, catastrophés par ce qui arrive à leur fils, les parents de Théo cherchent un soutien et lui écrivent. «Touché par son histoire, il ne savait pas comment réagir», raconte Robert Fassolette, responsable du Pôle France. Amputé comme lui des coudes et des genoux, celui qui a traversé la Manche à la nage leur conseille de mettre Théo à la natation. Depuis, ils sont très proches. Pour Théo, Philippe est un modèle. «C'est son parrain de cœur. Il dit souvent: ''Théo, c'est mon mini-moi'», sourit Robert Fassolette.

Un soutien qui paie: Théo vient de se qualifier, lors des championnats de France à Dijon sur 200m nage libre, aux Mondiaux handisport à Glasgow, du 13 au 19 juillet. Aligné face à des nageurs atteints du même handicap (catégorie S5), il sera de loin le plus jeune. «Peu importe, je sais que je peux en battre certains. J'espère être dans le top 7 mondial», explique la jeune pépite qui aimerait par la même occasion se qualifier pour les Jeux paralympiques 2016 à Rio.

Un avenir incertain

Robert Fassolette et ses entraîneurs voient même en lui un futur grand. «Il a la tête bien faite et bien pleine. Il analyse ses courses et celles de ses adversaires avec finesse. Je pense qu'il est l'un des rares à pouvoir faire carrière.» Malgré ses bonnes performances, Théo est bien conscient de la précarité du milieu. «Je ne pourrai jamais en vivre, c'est impossible. Seuls les meilleurs joueurs dans des sports comme le foot ou le basket s'en sortent», explique-t-il. Déjà mûr pour son âge, Théo compte s'inspirer de son expérience pour faire partager sa passion aux plus jeunes. Élève en classe de troisième, l'adolescent envisage à terme de devenir entraîneur de natation.

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