Les pure players plébiscités par les jeunes journalistes

médias Ces formats uniquement sur le web tentent de se faire leur place sur la toile...

Samuel Chalom

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Chaque premier mercredi du mois à 16 heures, Le Quatre Heures propose un long récit à ses abonnés
Chaque premier mercredi du mois à 16 heures, Le Quatre Heures propose un long récit à ses abonnés — Capture d'écran

Les nouveaux médias étaient à l'honneur le mardi 2 juin au ministère de la Culture, à l'occasion de la remise d'un rapport consacré aux médias, rédigé par le sociologue Jean-Marie Charon. Intitulé Presse et numérique - L’invention d’un nouvel écosystème, le rapport insiste sur ce que son auteur appelle le «bouillonnement éditorial», à savoir l'apparition récente de nouveaux pure players qui parient sur le long-format.

Les thématiques traitées sont variées: l'international, le local, la culture. Ils s'appellent Le Quatre Heures, Ijsberg, Ulyces ou encore le Zéphyr, sont portés par des jeunes journalistes et cherchent à se tailler une place dans un paysage médiatique en crise.

Gratuit ou payant?

Qui dit crise des médias, dit aussi difficulté à trouver un modèle économique viable. Sur ce point, tous les pure players n'ont pas la même approche, comme le pointe Jean-Marie Charon dans son rapport. Certains ont opté dès leur création pour un financement par abonnement (Brief.me, Contexte, Le Quatre Heures).

D'autres, comme 8ème Etage, lui préfèrent un mélange entre espaces gratuits et articles payants. Peu de pure players choisissent un modèle gratuit, uniquement financé par la publicité. Cheek Magazine, média web féminin, s'interroge ainsi, selon le rapport de Jean-Marie Charon, sur son avenir et ses futures sources de financement.

Le pureplayer 8e étage a été fondé par Maxime Lelong, un ancien journaliste trentenaire du Monde.
Le pureplayer 8e étage a été fondé par Maxime Lelong, un ancien journaliste trentenaire du Monde. - © Capture d'écran

 

«Petit entrepreneur de sa cause»

Mutation du modèle économique de la presse et transformation numérique ont aussi donné naissance à une nouvelle génération de «journalistes-entrepreneurs». Ils cherchent à développer un business-model original sur le web, malgré les difficultés actuelles dans le secteur.

«Journaliste-entrepreneur, c'est un qualificatif qui nous convient», explique Charles-Henri Groult, un des fondateurs du Quatre Heures. C'est aussi un des aspects mis en évidence par Jean-Marie Charon dans son rapport. Pour lui, les expériences de créations de médias par de jeunes journalistes constituent une forme de personal branding: même si le projet échoue par manque de financement, ses fondateurs pourront miser sur la notoriété gagnée pour intégrer plus tard une rédaction.

«Aujourd'hui, si un journaliste veut s'en sortir, il doit réfléchir comme s'il crée sa boîte.  Il faut être le petit entrepreneur de sa cause», indique aussi Charles-Henri Groult. Pour Jean-Marie Charon, les jeunes journalistes ont tout à gagner à innover. Ce sera toujours ça de pris pour leur future carrière.