Afrik’N Fusion, la première chaîne de fast-food africain

Restauration Lancée en 2010 par un entrepreneur de 25 ans, l'enseigne compte trois adresses à Paris...

Franck-Olivier Noah-Jong

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Dès midi, la clientèle afflue pour venir goûter aloco, mafé ou yassa.
Dès midi, la clientèle afflue pour venir goûter aloco, mafé ou yassa. — Franck-Olivier Noah-Jong/IPJ Paris-Dauphine

Les rondelles de bananes plantain de l’aloco -une spécialité d'Afrique de l'Ouest et Centrale- crépitent encore dans l’assiette. Dès midi, la petite salle du restaurant Afrik’N Fusion du 20e arrondissement de Paris affiche complet. Cette chaîne de restauration rapide a la particularité de ne proposer que des plats traditionnels africains (mafé, aloco, yassa). Une déclinaison encore rare en France mais qui remporte un certain succès: trois restaurants ont déjà ouvert à Paris et deux autres ouvertures sont prévues en Ile-de-France pour la fin de l’année.

 La cuisine africaine absente des fast-foods

L’idée est née d’un constat: l’offre insuffisante sur le marché de la restauration rapide. «Quand je travaillais dans les bureaux à Paris, je ne trouvais aucun restaurant me permettant de manger quelque chose d’africain et d’abordable sur le temps de ma pause déjeuner», explique Abdelkadr Jawneh, à l’origine du concept. Après avoir écumé les restaurants africains classiques, qu’il juge hors de prix et les foyers pour immigrés proposant des menus à 2€, il décide de lancer le premier Afrik’N Fusion en 2010, avec deux amis d’enfance. A seulement 25 ans, il est alors confronté au scepticisme des investisseurs. «Personne ne voulait me prêter d’argent pour me lancer à l’époque. Mais dès que le restaurant s’est mis à avoir du succès, bizarrement tout le monde voulait nous aider!»

Un prix accessible

Le succès est presque immédiat. Les clients affluent et certains n’hésitent pas à traverser la région parisienne pour venir déguster un menu «Yassa» (riz, sauce aux oignons, olives et bœuf accompagnés d’une boisson) dans ce restaurant du 20arrondissement de la capitale. Sarah Salton et Fathiya Zenati ont fait le chemin depuis Trappes (Yvelines). «Moi je ne connaissais pas, c’est mon amie qui m’a invitée. C’était très bon, je reviendrai sûrement. Franchement 13€ pour un menu aloco, c’est pas très cher», sourit Fathiya. Les deux amies ont terminé leur assiette mais Irène, une cliente qui a eu les yeux plus gros que le ventre, aura la possibilité d’emporter son riz rouge et sa viande de bœuf dans une barquette.

L'aloco -les bananes plantain- accompagnent un poulet braisé.
L'aloco -les bananes plantain- accompagnent un poulet braisé.

A ceux qui lui demandent ce que son fast-food a de plus que les autres restaurants africains, Abdelkadr Jawneh répond: «On a essayé au maximum de se détacher de l’image du boui-boui africain classique. Chez nous pas de communautarisme, nos clients sont de toutes origines, comme nos employés d’ailleurs.» Pourtant ce jour là, tous les employés présents sont des proches de la famille et d’origine subsaharienne. Aboubakar, le petit frère du fondateur est d’ailleurs parmi eux. «Une simple coïncidence», affirme celui-ci. Aujourd’hui, le concept séduit de plus en plus de gens en France mais aussi à l’étranger. Abdelkader confie avoir reçu des propositions pour s’implanter à Londres.