A chacun son TEDx. Depuis quelques années, ces conférences dont l'objectif est de véhiculer des «idées qui valent la peine d’être diffusées», se multiplient en France. Au moment d'écrire ces lignes, neuf ont eu lieu et 48 sont programmées dans l’Hexagone d'ici à la fin de l'année. Organisées par des villes, des écoles, des entreprises…

Chacun à la sienne comme à l’Istec, dont «20 Minutes» est partenaire. Le TEDx de l’école de commerce et marketing se tiendra le 22 mars et aura pour thème l’équilibre. S’il n’existe pas de «concurrence» entre les organisateurs, majoritairement bénévoles et animés par la seule envie de partager des savoirs, avoir sa propre identité de TED est un bon moyen de se faire connaitre et de toucher un large public.

Dédicaces et collations

Certains ont naturellement un ADN très marqué, comme le TEDx Women, dont les conférences proposent un nouveau regard sur la place des femmes dans la société ou encore les TEDx Kids, où les speakers ne sont que des enfants. Pour les TEDx d’écoles ou de villes, la réussite et l’intérêt de l’événement se jouent ailleurs. Sur la forme d’abord. Il est important de briser la glace entre les speakers et l’audience afin qu’il y ait une bonne ambiance pendant la soirée. «En général, on n’enchaîne pas trois talks d’affilée pour ne pas perdre l’attention des gens. C’est sympa de proposer des animations, suggère Alice Fournet, ancienne élève de l’Istec. En 2016, notre thème tournait autour de la nourriture. On avait fait un repas qui s’étendait tout le long de l’event pendant les pauses.» A Marseille les organisateurs installent des stands pour des séances de dédicaces. «Ça permet de prolonger l’échange entre les speakers et les spectateurs», assure Ali Ankouni, fondateur du TEDx Marseille.  

Si le choix du thème de la soirée est important, rien ne sert d’être trop original. «Ce n’est pas grave s’il a déjà été fait par exemple. Le but c’est de choisir une tendance lourde et quelque chose d’assez large, pour pouvoir faire intervenir des spécialistes de tous horizons, analyse Philippe Bastien, créateur du TEDxIstec. Le sujet doit être simple, même si on fait venir des techniciens. Eux vont vulgariser leurs connaissances.»

Speakers en or

La qualité et l’identité d’un TEDx vont en revanche beaucoup se jouer sur le choix des intervenants. Ali Ankouni et son équipe exigent par exemple une parité homme-femme entre les speakers et misent sur leur côté atypique. «Soit par leur nature, comme lorsque l’on a invité Antoine de Maximy de l’émission «J’irai dormir chez vous». Soit par leur histoire ou leur projet. C’était par exemple le cas, la fois où on a fait venir Anilore Banon, cette artiste qui veut envoyer une sculpture sur la lune.» Sans oublier de convier quelques personnalités connues qui attireront aussi du monde.

Les détails aussi sont importants et ne doivent pas être négligés. La mise en scène déjà. Avant d’intervenir dans un TEDx Marseille, les speakers doivent prendre de petits cours de gestuels avec un professionnel du théâtre. «C’est dur de se tenir devant un public pendant plusieurs minutes. Tout le monde ne sait pas quoi faire de ses mains, on peut avoir des mimiques sur lesquels l’audience pourrait se fixer, en oubliant les propos du speaker», constate Ali Ankouni.

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Si l’identité d’un TEDx compte, Philippe Bastien rappelle que le but premier «n’est pas d’être novateur, mais de décrypter des comportements de société, faire des rencontres et apprendre des choses». L’esprit de compétition est si peu présent que les écoles tentent même de collaborer entre elles, assure Alice Fournet. «On veut co-créer une forme de communauté des TEDx écoles. On va tenter de trouver ensemble de bonnes idées, communiquer les dates pour ne pas se chevaucher ou encore s’inviter à nos conférences. L’objectif c’est d’améliorer la qualité de nos TEDx.» De l’art de l’entraide entre TED.