Tout savoir sur les différents types de séries TV

Petit écran De la sitcom à la dramédie en passant par le soap opera, zoom sur les principaux styles du genre…

Luc Manga

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La série «H» est l'une des sitcoms françaises emblématiques des années 2000.
La série «H» est l'une des sitcoms françaises emblématiques des années 2000. — Canal+ France

Les Feux de l’Amour et Plus Belle La Vie ont un point commun. Il s’agit de deux soap operas, l’un des genres télévisuels les plus regardés à travers le monde. Né dans les années 1940 aux Etats-Unis, ce type de programme voit sa popularité grandir à partir de 1950. «On les appelle soap [savon] operas parce que c’était des fabricants de savon qui sponsorisaient ces productions à l’époque», indique Didier Liardet, historien et auteur d’Anthologie des séries d’espionnage américaines & britanniques des années 50 à nos jours (Editions Yris).

Initialement destinés aux femmes au foyer, les soap operas versent dans le sentimental et évoquent généralement des histoires d’amour ou le quotidien familial. Techniquement, «ils sont filmés en studio. Leurs intrigues peuvent s’étaler sur des mois. Beaucoup d’acteurs ont commencé par là. Je pense à Paul Walker dans Les Feux de l’Amour», explique Didier Liardet.

En France, des programmes comme Sous le Soleil ont largement popularisé le style même si, aux dires de l’historien, «c’est un peu différent pour cette série, car il y a des prises de vue en extérieur. Mais dans le fond c’est un soap: des histoires sentimentales et une production à rallonge».

De la sitcom à la dramédie

Loin des mélodrames, la sitcom (pour comédie de situation) constitue pour Didier Liardet «le genre américain par excellence». Ce registre émerge à la même époque que le soap opera. «C’est souvent court, de 20 à 22 minutes, et réalisé en plateau. Tu as souvent un ou deux décors», analyse Charlotte Blum, blogueuse et auteure de Vous aimez les séries, ce livre est pour vous (Editions de la Martinière). «Les scénarios ont pour sujet la famille ou une bandes de potes. Il n’y pas d’intrigue qui évolue pendant toute une saison. C’est basé sur l’humain. On va rire sur l’ironie de la vie comme dans The Big Bang Theory».

En France, le registre connaît un important succès au milieu des années 1990 avec des sitcoms pour adolescents produites par le groupe AB (Hélène et les garçons, Le Miel et les abeilles…) et plus tard avec des fictions comme H.

En évoluant, le genre a enfanté deux dérivés. Les shortcoms (comédie courte), comme Scènes de Ménages ou Un Gars, Une fille, dans lesquels les sketchs s’enchaînent sans temps morts. Enfin, la dramédie, «des comédies d’une durée de trente minutes qui cherchent l’équilibre entre drame et comédie. Je pense à Girls, Atlanta, ou encore à Dix pour cent en France»,  détaille Charlotte Blum.

A la différence d’une sitcom pure, les dramédies sont feuilletonnantes: elles s’articulent autour d’une intrigue qui évolue. Autrement, «le classique en terme de série», aux yeux de Charlotte Blum, demeure le genre dramatique. D’une durée de 40 à 50 minutes, «on peut lui accoler un sous-genre: historique, comme dans Un village français, ou encore policier, type Engrenages».

Néanmoins, ce cloisonnement n’est pas absolu. Pour cause, une série peut regrouper plusieurs genres étroitement liés rapporte Didier Liardet. «Dans les années 1960, la série Les Mystères de l’Ouest était considérée comme inclassable: il y avait du western, de la science-fiction, de la comédie. C’était rare. Mais aujourd’hui, les séries brassent large.»

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Charlotte Blum abonde: «La frontière entre les genres est poreuse. Il y a beaucoup d’hybridation.» Les séries télévisées ont beau squatter la lucarne, il est parfois difficile de les faire entrer dans une case.