Avec les séries télévisées, la France voit grand sur petit écran

Succès Les productions françaises s’exportent de mieux en mieux, les ventes sont passées de 19,1 millions d’euros en 2010 à 63,7 millions d’euros en 2017…

Alexis Moreau

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Mathieu Kassovitz était récemment à l'affiche de la saison 4 de la série «Le Bureau des légendes» sur (Canal+).
Mathieu Kassovitz était récemment à l'affiche de la saison 4 de la série «Le Bureau des légendes» sur (Canal+). — Canal+
  • Difficile de ne pas avoir entendu parler de la série de Canal + «Le Bureau des légendes» avec Mathieu Kassovitz.
  • Cette œuvre, comme d’autres, participe du succès grandissant des productions françaises à l’international.
  • Leur volume d’exportation est passé de 19,1 à 63,7 millions d’euros entre 2010 et 2017.

C’est l’heure du quiz. Quelle était la série préférée du célèbre réalisateur Michael Mann en 2017 ? Si vous avez répondu Le Bureau des légendes vous avez raison. « Les deux premières saisons, en particulier, sont remarquables », expliquait ce dernier. Dans la même veine, Susan Lehman, la compagne de Brian De Palma exprimait récemment l’amour du couple pour la saga de France 3 Un Village français : « On a regardé toutes les saisons et on va les revoir ». De quoi laisser penser que les séries hexagonales ne se portent pas si mal en dehors de nos frontières.

De 19,1 à 63,7 millions d’euros

Selon le dernier rapport sur l’exportation des programmes audiovisuels français réalisé par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et TV France international, la fiction hexagonale (séries et unitaires), ne s’est jamais aussi bien portée. « En 2017, pour la septième année consécutive, les ventes de fiction française à l’international enregistrent une nette progression », écrivaient les auteurs de ce fameux document. En 2010, les diffuseurs étrangers avaient dépensé 19,1 millions d’euros pour offrir au public des rebondissements made in France. Depuis, ce chiffre n’a cessé de grimper. 20 millions d’euros en 2011, 22,8 millions l’année d’après, pour arriver à 63,7 millions d’euros en 2017.

Même les Américains s’y mettent

Surtout, cette croissance concerne « toutes les zones géographiques, à l’exception de l’Afrique et de l’Amérique latine. » Même les Américains s’y mettent. Car si l’Europe de l’ouest reste notre principal client, les ventes de fictions en Amérique du Nord ont battu, en 2017, un record historique en atteignant 7,9 millions d’euros. « La zone représente 12,5 % des ventes totales. Le marché américain, en croissance de 33 % (4,5 millions d’euros), est ainsi devenu le troisième territoire d’exportation, derrière l’Allemagne et la Belgique », notent encore une fois les auteurs du rapport.

Pour comprendre le pourquoi du comment de cette envolée, nous avons contacté Hervé Michel, le président de l’association TV France international. Pour lui, « la percée » s’explique par « une élévation de la qualité des productions françaises » et « une hausse globale du marché » liée au développement des plateformes de diffusion. « On pense souvent à Netflix mais Amazon s’y met, il y’a aussi Shudder [une plateforme spécialisée dans l’horreur pas encore disponible en France] et tout cela permet à nos fictions de traverser les frontières ».

Dans un secteur particulièrement concurrentiel, « les producteurs français sont parfois amenés à modifier légèrement le contenu de leur programme et y intégrer des éléments qui plairont à l’étranger », pour espérer se tailler la part du lion, précise Hervé Michel. Reste à savoir si les séries rejoindront le vin et les fromages au panthéon de l’excellence française reconnue à travers le monde. Seules les saisons le diront.