Près d’un quart (24%) des personnes en situation de handicap sont à la recherche d’un travail depuis plus de trois ans selon les chiffres annuels de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph). Chez les autres demandeurs d’emploi, ce chiffre ne s’élève qu’à 16%. Plus qu’ailleurs, le chômage de longue durée est important chez les personnes handicapées (PH).

Les premiers touchés

Une conséquence du climat économique, selon Eric Blanchet, directeur général de L’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Ladapt). «Quand le chômage s’aggrave pour la population, ce public fragilisé est malheureusement en première ligne et est plus frappé que la moyenne.»

Les personnes en situation de handicap «font souvent les frais des mesures de restrictions de budgets et sont les premières à être affectées. Si elles ont de petites inaptitudes, on les licencie. Pour une entreprise, la personne est vue comme une difficulté supplémentaire», explique Hubert George, directeur du Groupement pour l’insertion des personnes handicapées physiques (GIHP) Aquitaine.

Un système inégal

L’autre frein à l’obtention d’un travail réside dans la formation. «Il faut d’abord faire le deuil de sa validité puis réapprendre un autre métier dans la foulée pour éviter une rupture trop longue du travail. Mais la formation professionnelle s’est régionalisée, ce qui rend plus difficile d’identifier les personnes laissées au ban», souligne Eric Blanchet.

Ce qui se traduit par une ancienneté moyenne d’inscription au chômage d’environ 800 jours, soit plus de deux ans. «Pourtant, une personne handicapée est un employé fidèle à son entreprise, qui ne va pas chercher à quitter son poste», précise Hubert George. Comme quoi, en temps de crise, mieux vaut voir les PH comme un atout que comme une complication.

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