REUSSITE - Jean-Louis Ribes sait que les bonnes initiatives sont toujours payantes. L’ancien rugbyman du Stade Toulousain emploie donc 84% de travailleurs handicapés au sein de son entreprise.

À la tête de Distribution Services Industriels (DSi), une entreprise adaptée (EA) de la région toulousaine, Jean-Louis Ribes a survolé la crise économique. Son secret : miser sur l’humain et la diversification. Et c’est rentable. En 2008, l’entreprise enregistrait un chiffre d’affaires d’un peu plus de 10 millions d’euros. Depuis, chaque année, DSi gagne 2 millions d’euros de plus et embauche une quarantaine de nouveaux salariés tout en respectant l’obligation légale, pour conserver l’agrément EA, de compter au moins 80 % de travailleurs handicapés parmi ses 497 employés.

L’entreprise propose désormais cinq grandes familles d’activités à ses clients : la bureautique, l’impression, l’industrie, la logistique et le multiservice. Ce dernier type de services qui comprend notamment le petit entretien de locaux ou de jardins, a justement été lancé après la crise afin de compenser la baisse d’activité.

Pas de chômage technique

La polyvalence est leur principal levier anti-crise. Chaque salarié peut changer facilement de métier au sein de l’entreprise, à la suite d’un bilan annuel, ou monter en compétences. Les uns peuvent saisir des textes ou distribuer du courrier interne, les autres gérer un parc informatique d’un client. Pas de chômage technique donc car chez DSi, le licenciement n’est pas une valeur refuge. « On défend une cause humaine », rappelle Jean-Louis Ribes.

Benoît Tardy en témoigne. Il est arrivé un an après le lancement de la société, en tant que stagiaire. Quatorze ans plus tard, il est responsable informatique réseau. Son handicap est moteur, comme pour 15 % des personnes handicapées en France. Il a gravi les échelons, passé une VAE (validation des acquis par l’expérience) et obtenu le statut de cadre ainsi qu’une voiture de fonction aménagée. D’après lui, « il faut être le plus ordinaire possible pour entrer dans le monde du travail ».

« Un temps d’isolement »

Jean-Louis Ribes tient justement à ce que DSi ne soit pas considérée uniquement comme une entreprise employant des personnes handicapées. « On ne tient compte du handicap que pour l’aménagement du temps de travail, explique Valérie Cooper, assistante de direction de Jean-Louis Ribes et toute première salariée. Il s’agit par exemple de prévoir un temps d’isolement pour que certains se mettent à l’abri du stress. » Le reste est une aventure à la fois économique et humaine.

Pierre Pourquier