«Le premier combat à mener est celui pour survivre.» Lorsqu’une personne devient handicapée, que ce soit à cause d’une maladie ou d’un accident, le premier défi consiste à rester en vie selon Frédéric Sausset. Lui-même a du se battre pendant de longs mois avant de repenser son quotidien.

Du jour au lendemain, il a perdu ses quatre membres. En vacances au bord de la mer il y a trois ans, il ressent une douleur à l’épaule. Un mois plus, tard, lorsqu’il sort du coma, il a été amputé à cause d’une bactérie rare. Frédéric Sausset est resté neuf mois à l’hôpital. Pourtant, après toutes ces épreuves, il s’apprête à courir les 24heures du Mans l’année prochaine.

Vivre sa passion à fond

Ce chef d’entreprise de 46 ans a complètement transformé son quotidien. «Une fois la santé stabilisée, c’est le moment de se lancer un défi pour se prouver qu’on a eu raison de se battre.» Sans plus attendre, il s’est dit qu’il allait participer à la mythique course automobile du Mans. «L’idée doit naître d’une passion. Moi j’étais déjà fan de sport automobile avant que ma vie ne bascule», explique-t-il.

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Bien entouré, il multiplie les rencontres avec les professionnels du milieu, dont Christophe Tinseau, un pilote qui réside près de chez lui à Blois. De fil en aiguille, il réussit à convaincre les responsables de l’Automobile Club Ouest, qui organisent la course, de le laisser participer. «C’est une étape compliquée car il faut réussir à gagner la confiance des gens.»

A égalité avec les autres

Grâce à sa voiture adaptée, créée spécialement pour lui, il pourra concourir à égalité avec les autres participants. En voiture de course, Frédéric Sausset ne se sent pas inférieur aux autres. «Ça m’a permis d’accomplir des choses que je n’aurais jamais faites en étant valide», explique le pilote de 46 ans.

Une fierté qui lui permet de s’évader et de penser à autre chose qu’à son handicap. «Tout change lorsqu’on n’est plus valide. Je me suis subitement aperçu de toutes les difficultés du quotidien et j’ai toujours d’importantes douleurs», confie Frédéric Sausset. «Mais aujourd’hui j’ai retrouvé un sens à ma vie.»