Zhang Yimou en cinq films

PORTRAIT Du « Sorgho rouge » à « La Grande Muraille », le réalisateur chinois a une belle filmographie…

Fabien Falcou

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Zhang Yimou est aux commandes du film international La grande muraille.
Zhang Yimou est aux commandes du film international La grande muraille. — Universal Pictures International France

Au fil de sa carrière, le réalisateur est passé de films d’auteur politiquement chargés à des superproductions à grand spectacle.

En dirigeant Matt Damon pour «La Grande muraille», Zhang Yimou fait son entrée dans le cinéma mondialisé. Mais avant d’être cet artificier du blockbuster grand public, surtout connu en France pour «Le secret des poignards volants», le réalisateur exerçait dans un registre bien différent. Retour sur quelques-uns de ses plus grands films.

Le sorgho rouge (1987)

Né en 1951 à Xi’an, une grande ville au centre de la Chine, Zhang Yimou s’intéresse à la photographie et la peinture durant la Révolution Culturelle, avant de finalement se diriger vers le cinéma. Il obtient un diplôme de l’Université de Cinéma de Pékin en 1982, en même temps que d’autres réalisateurs de la «cinquième génération» chinoise, contestataires et influencés par la Nouvelle Vague française. Cinq ans plus tard, il livre son premier long métrage: «Le Sorgho rouge», adapté d’un roman de Mo Yan, Nobel de littérature.


>>>Retrouvez tous nos articles réalisés dans le cadre de la sortie au cinéma, le 11 janvier, du film «La grande muraille»


Le film se déroule dans la Chine rurale des années 30, en pleine seconde guerre sino-japonaise, et narre l’histoire d’une jeune veuve (incarnée par Gong Li, future compagne et muse du réalisateur) qui organise la résistance armée contre l’envahisseur nippon. Jugé trop cru par la censure chinoise, le film est en revanche loué à l’étranger pour son réalisme et la beauté de ses images, et remporte un Ours d’or au festival de Berlin en 1988, apportant une reconnaissance immédiate à son auteur.

Epouses et concubines (1991)

«Epouses et concubines» dépeint la rivalité et les intrigues de quatre femmes pour s’attirer les faveurs de leur richissime époux, qui vit en seigneur et maître dans une luxueuse habitation d’un village de la Chine centrale. Dans ce quatrième film de Zhang Yimou, on retrouve les caractéristiques du style de ses débuts: un réalisme historique, une peinture féroce de la nature humaine et de la société chinoise, un travail minutieux sur la symbolique des couleurs et Gong Li, magistrale et omniprésente dans les premiers films du réalisateur.

Vivre ! (1994)

Fresque historique, le film retrace la vie d’un père de famille (incarné par Ge You), de sa femme (Gong Li, encore) et ses deux enfants, des années 1940 à la Révolution Culturelle des années 1970. Acclamé par la critique internationale (grand prix du jury du festival de Cannes, Bafta et Golden Globe du meilleur film en langue étrangère…), le long métrage dépeint sans fard la vie des Chinois durant la guerre civile, la grande époque communiste et le «Grand Bond en avant» impulsé par Mao Zedong. Des critiques à peine voilées qui vaudront au film une censure sur les écrans chinois.

Hero (2002)

Le début des années 2000 marque l’éloignement de Zhang Yimou du cinéma d’auteur, au profit d’œuvres plus orientées vers le grand spectacle. Dans «Hero», Yimou réunit les superstars Jet Li (Roméo doit mourir, Danny the Dog…), Maggie Cheung ou encore Donnie Yen dans un film de sabre à très gros budget (31 millions de dollars). Au programme : arts martiaux, pouvoirs magiques et acrobaties aériennes, dans une formule proche de «Tigre et Dragon»…

Le secret des poignards volants (2004)

Ce film d’arts martiaux met en scène Zhang Ziyi («Mémoires d’une geisha»), Andy Lau et Takeshi Kaneshiro, à grands renforts d’effets spéciaux.  «Le secret des poignards volants» est à ce jour l’un des plus grands succès commerciaux de Zhang Yimou, rapportant plus de 92 millions de dollars au box-office mondial.

https://www.youtube.com/watch?v=wBSqqFhSpsQ