Que mange un cheval de course ?

Hippisme Pour leur permettre d’être performants sans se blesser, les chevaux reçoivent une alimentation spécifique et très précise

Elna Hartman

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Les repas des chevaux de course sont étudiés au gramme près.
Les repas des chevaux de course sont étudiés au gramme près. — JackF/Getty Images
  • Au niveau professionnel, les chevaux sont bichonnés mais leurs repas sont étudiés au gramme près.
  • Chaque écurie a sa recette et conserve ses secrets.

Pas de carotte ni de quignon de pain. Au niveau professionnel, les chevaux sont bichonnés mais leurs repas sont étudiés au gramme près. « Une alimentation tout céréale va générer des problèmes de métabolisme », explique Marie Girard, spécialiste de l’alimentation du cheval en Normandie. « Pareil pour le foin, s’il est trop poussiéreux, cela peut engendrer des difficultés respiratoires. » D’une voix calme et mesurée, elle détaille le savant mélange entre fibres, foin et compléments alimentaires à destination de ces grands sportifs. Pas question pour autant de s’attarder sur la composition précise de ce mix. Chaque écurie a sa recette et conserve ses secrets. « Le cheval reste un herbivore, donc il a besoin de fibres et de foin. Mais après une course on va donner un repas humide pour qu’il se remette rapidement sur pied. »

Dans son box de Vincennes, Guy Troufflard acquiesce. Ici, la chaleur du jet d’eau a remplacé le froid de l’hiver. Peu à peu une délicate vapeur d’eau se dépose sur le corps du sportif à quatre pattes. Le cheval dont il s’occupe vient de finir sa course. Avec des gestes précis et délicats, il le lave, le brosse et le sèche. Lad depuis 17 ans, c’est à lui que revient la responsabilité de l’entretien et de l’alimentation du cheval de course. « Une fois qu’on sera rentré, il aura le droit de manger son barbotage », explique-t-il. Un savant mélange d’eau chaude, de céréales et de carottes qui permet de limiter les problèmes d’ulcère, ajoute Marie Girard.

A chaque aliment sa fonction

Le reste du temps, les cheveaux sont nourris avec de l’avoine, de l’orge et des foins très riches en protéines. A cela s’ajoutent les sucres, les matières grasses et un peu de lipides. Chaque aliment a une fonction précise. Les protéines permettent un bon entretien des tendons et du muscle. Les sucres rapides, et les matières grasses apportent de l’énergie. « Quant aux fibres, cela va leur permettre de saliver et d’éviter une alimentation trop sèche », souligne la spécialise alimentation.

D’une main, Guy Troufflard attrape une serviette. De l’autre, il la positionne sur le sommet du crâne de son cheval et glisse les deux oreilles dans l’espace prévu à cet effet. « Pour qu’il coure bien, on lui donne quatre kilos de fibres le matin, et quatre autres kilos le soir. Le midi, il a autre chose. Et deux fois par semaine, on lui donne un barbotage », détaille Guy Troufflard dans un débit rapide. « Le plus important c’est d’avoir une régularité totale dans les aliments. » Pas question donc de glisser une carotte dans le box. « Avant une course, on va augmenter les quantités petit à petit. Et c’est tout. Changer les habitudes alimentaires d’un cheval avant un effort physique aussi important peut être dangereux pour l’animal », souligne Marie Girard.

L’eau s’évapore, la chaleur se dissipe. Le cheval dont s’occupe Guy Troufflard est fin prêt. Direction maintenant l’écurie à une trentaine de minutes du champ de course de Paris-Vincennes​. Là, ce grand sportif pourra déguster ses carottes avec des céréales, le tout servi recouvert d’eau chaude. Humm… Un vrai régal de cheval !