VIDEO. Comment j’ai gagné le Grand Prix d’Amérique

Trot Large vainqueur du grand prix des médias organisé mercredi 4 décembre à l’Hippodrome Paris-Vincennes, notre journaliste Antoine Coste Dombre vous donne les clés du succès

Antoine Coste Dombre

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«Bacilly», Antoine Coste Dombre et Yves Hallais à quelques encablures de la victoire!
«Bacilly», Antoine Coste Dombre et Yves Hallais à quelques encablures de la victoire! — Le Trot
  • Notre journaliste Antoine Coste Dombre a participé au grand prix des médias, mercredi 4 décembre à l'Hippodrome Paris-Vincennes, à l'occasion des 100 ans du Grand Prix d'Amérique.
  • Course qu’il a remportée haut la main, avec « Bacilly » et son driver Yves Hallais.
  • Il nous fait revivre sa course victorieuse sur la piste de Vincennes.

Il est 11 h 30, je passe la ligne d’arrivée en tête alors que Laurent Bruneteau, commentateur officiel de  l'Hippodrome Paris-Vincennes (Paris 12e), s’égosille dans son micro et scande mon nom. Je suis rattrapé par l’émotion au moment de comprendre que je viens de réaliser le plus grand exploit de ma jeune carrière de driver. Oui, je viens de gagner le Grand Prix d’Amérique, enfin presque. Retour sur cette victoire aussi foudroyante qu’étonnante.

Quelques heures plus tôt, je n’étais encore qu’un journaliste comme un autre, au palmarès vierge et à la curiosité attisée par mon arrivée à l’Hippodrome Paris-Vincennes. Huit journalistes réunis pour visiter ce lieu mythique des courses hippiques, théâtre de la plus grande course de trot au monde, le Grand Prix d’Amérique. Un événement qui sera centenaire en 2020 et « qui rassemble chaque année 40.000 personnes et en emploie 2.000 », comme le souligne notre guide de luxe, Laurent Bruneteau.

S’habiller de pied en cap

Après quelques explications nous entrons rapidement dans le vif du sujet : la simulation d’une course de trot. Première étape, s’équiper, et on ne rigole pas avec la sécurité. Avant de vêtir l’épaisse casaque, tenue des drivers et jockeys, on enfile un gilet de protection similaire à celui des motards. Viennent ensuite la tenue intégrale, les lunettes de protection, le casque et les surchaussures. Nous voilà bien emmitouflés. Malgré le froid la température monte, peut être aussi car le début de la course approche.

Direction les box des drivers. On y découvre de petits espaces, tous parfaitement identiques, remplis de tenues et d’équipement et d’un petit lavabo. Ici pas de favoritisme, tous les drivers, quels que soient leurs résultats et palmarès, sont servis à la même enseigne. On nous emmène enfin dehors pour découvrir les box des vraies stars du trot, les chevaux. A Vincennes, il y a « 140 box et 116 chevaux », note Laurent Bruneteau.

Rencontre avec « Bacilly » et son driver Yves Hallais

C’est enfin le moment tant attendu, les destriers attelés et leurs pilotes arrivent les uns après les autres et nous embarquent avec eux. Je suis l’heureux coéquipier de Bacilly, cheval élevé non loin du Mont-Saint-Michel (Manche) et de son driver, Yves Hallais. La connexion est immédiate, sera-t-elle suffisante pour empocher la victoire ? Bien sûr que non, d’après mon driver attitré : « Une course se gagne sur la connaissance de son cheval et de la gestion de ses spécificités. Certains sont vifs et démarrent vite, d’autres tiennent mieux la distance… » Bacilly semble être de cette trempe, on fait quelques tours de chauffe pendant que Laurent Bruneteau présente au micro toutes les équipes, le départ approche…

Antoine Coste Dombre est confiant, «Bacilly» et Yves Hallais ont la course bien en main.
Antoine Coste Dombre est confiant, «Bacilly» et Yves Hallais ont la course bien en main. - Le Trot

Les équipent s’alignent et… C’est le start ! Yves et Bacilly démarrent bien, on se retrouve tout de suite en troisième position, sur l’extérieur. En confiance totale, je laisse les rênes à Yves et Bacilly, préférant me cramponner pour ne pas tomber. Le peloton se resserre alors que nous sommes à 45 km/h, les lunettes m’évitent de recevoir des projections de mâchefer, le revêtement noirâtre du champ de course. Je sens les chevaux et leurs attelages très proches de moi, c’est impressionnant. Nous avons 1.500 mètres à parcourir, Laurent Bruneteau hurle dans son micro, exalté par le spectacle que nous lui offrons. Arrive le dernier virage, c’est le moment choisi par Yves pour donner un coup d’accélérateur. Quelques mètres suffisent à Bacilly pour dépasser celui qui était en tête depuis le début de la course. Je sens un souffle chaud sur ma droite, un cheval est à deux doigts de nous faire l’aspiration, mais Bacilly tient bon. On passe la ligne d’arrivée en vainqueurs, sous les acclamations de… personne.

Après l’interview du champion, c’est-à-dire moi, je m’en vais féliciter mon équipe. Bacilly est déjà dans son box, le regard fier, Yves débriefe avec moi le sourire aux lèvres : « Je me suis mis tout de suite sur le côté pour ne pas être bloqué, je sentais que mon collègue avait un cheval inférieur au mien. Derrière, ils ont eu de la peine à suivre la cadence, si c’était aussi facile en course officielle ce serait bien ! » Course officielle ou non, j’ai gagné. Je préfère néanmoins arrêter ma carrière de driver au sommet, il est temps pour moi de laisser la place aux jeunes et de me retirer.