Le PMU mise sur la géolocalisation et la réalité virtuelle

Grand Prix d'Amérique L'entreprise spécialisée dans les paris sur les courses hippiques a lancé en janvier 2018 l’application EpiqE Tracking, devenue depuis PMU Tracking...

Pierre Brun

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L'application PMU Tracking ajoute de la réalité virtuelle aux courses hippiques.
L'application PMU Tracking ajoute de la réalité virtuelle aux courses hippiques. — PMU

Il y a presque un an, le PMU sengageait dans le virage. Début 2018, linstitution a pris le pari de marier les courses hippiques et la technologie de pointe, en sortant lapplication EpiqE Tracking, rebaptisée depuis PMU Tracking.

Le principe: des capteurs placés sur chaque cheval permettent de les géolocaliser en temps réel, avec une précision de 10 à 25 cm, et donne la possibilité de suivre la course en réalité virtuelle, en vue à la première personne et à la place du driver (en trot, ou le jockey en galop), via lapplication. Le tout en recevant des statistiques de course en temps réel.

Après presque un an dexistence, «lapplication a atteint les 60.000 téléchargements et compte 10.000 utilisateurs réguliers», se félicite Agnès Bazin pilote du projet pour le PMU. Mise en place sur les courses de trot à Vincennes, cette innovation avait pour but «dinterpeller de nouvelles cibles, les millenials», rappelle-t-elle. En raison dun certain vieillissement des adeptes des courses hippiques? «Pas particulièrement», évite Agnès Bazin. La réponse est différente chez José Covès, pronostiqueur historique sur Europe 1 depuis plusieurs décennies: «Il ny a presque plus un chat sur les hippodromes. Et il ny a que des vieux!»

« Un vrai sport »

Pour ce grand connaisseur des courses, lutilisation du tracking est en tout cas «une très bonne idée», car cette technologie peut répondre «à la crise que traversent les courses, que le public délaisse, car il les trouve trop formelles, trop automatiques». Grâce à la réalité virtuelle, estime-t-il, «on peut les vivre au milieu du peloton, on sent les chevaux. Et moi qui ai la chance de driver en amateur, je trouve que limmersion reproduit fidèlement cette sensation».

Tony Gonzalez, champion de France 2017 et 2018 des pronostiqueurs hippiques, est du même avis: «Le tracking permet de montrer que les courses, cest un vrai sport, qui na rien à voir avec le fait de cocher six numéros au loto. Cest très bien pour amener un nouveau public. Moi, jai montré lapplication à des amis qui ne sintéressaient pas du tout aux courses, et maintenant ils viennent à lhippodrome de Vincennes.»

Et les turfistes historiques, alors, y trouvent-ils leur compte, notamment grâce aux statistiques en temps réel, qui seront dailleurs améliorées dans la deuxième version de lapplication, dont la sortie est prévue mi-février? Oui, pour Tony Gonzalez: «Cest intéressant davoir plus dinformations. Et puis, grâce à la réalité virtuelle, on comprend beaucoup mieux les circonstances de course. Si on croyait que notre cheval avait fait une mauvaise course, on peut par exemple se rendre compte quen fait, il a été enfermé et a surtout manqué de chance.»

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Lavis de José Covès est différent. «Les turfistes nont pas besoin de réalité virtuelle ni de statistiques, ils ont les chiffres en tête, affirme le journaliste dEurope 1. Pour moi, il y aurait de meilleures pistes damélioration: enrichir lambiance, notamment sonore, de la réalité virtuelle par exemple.» Quant à lutilisation du tracking pour conquérir un meilleur public, «il faudrait même aller plus loin, poursuit-il, avec le live betting (pari en direct), très en vogue en Angleterre. Au football, on peut par exemple parier sur le nom du joueur qui ouvrira le score. Pourquoi ne pas mettre en place des paris sur le nom du cheval qui sera en tête après les 1.000 premiers mètres de course? » Le PMU nest peut-être pas encore sorti du virage.