Jean-Michel Bazire, une vie au service des courses de trot

Portrait Surnommé le "Zidane du trot", le driver et jockey star est aussi entraîneur de chevaux de courses...

Louise Gully

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Jean-Michel Bazire, ici en septembre 2017 lors de sa victoire au Prix d'été à Vincennes.
Jean-Michel Bazire, ici en septembre 2017 lors de sa victoire au Prix d'été à Vincennes. — Le Trot

A 46 ans, Jean-Michel Bazire est LA star des hippodromes. Driver, jockey et entraineur, il compte plus de 5.000 victoires à son actif. Entre deux courses, le champion a accepté de nous parler de son parcours mais aussi de ses futurs challenges.

Le "Zidane du trot"

Trois fois vainqueur du Grand Prix d’Amérique et détenteur de dix-sept Sulky d’or, titre remis chaque année au driver ayant remporté le plus de courses dans l’année, Jean-Michel Bazire a participé à plus de 30.000 courses dans sa vie. «Je suis même incapable de dire combien de trotteurs j’ai drivé», déclare-t-il. Un palmarès qui lui vaut son surnom de "Zidane du trot". Le crack explique avoir «toujours voulu faire ce métier. J’ai grandi au milieu des chevaux puisque mon père avait une petite écurie de course». Son CAP de Jockey-driver en poche, il s’est rapidement fait un nom sur son sulky: «Je cours depuis 30 ans. J’ai commencé à l’âge de 16 ans.»

JMB, comme on l’appelle dans le milieu, est reconnu à l’international pour son parcours en trot attelé, mais aussi au trot monté «où j’ai gagné 500 courses», commente-t-il. L’homme de cheval décrit son parcours comme «une balade en mer», avant d’ajouter: «Je me suis amélioré au fil des années. Il y a 10 ans j’étais au top, je gagnais environ 300 courses par an.» Dans son palmarès hors du commun, il y a une course que le champion n’oubliera jamais: «En 2004, j’ai remporté le Grand Prix d’Amérique avec mon cheval, Kesaco Phedo, que j’entrainais avec mon père. C’était comme avoir trouvé le Graal, j’ai vécu un grand moment de ma carrière.»

«Je cours entre 800 et 900 courses chaque année»

JMB au Critérium des 5 ans (Vincennes, juin 2017)
JMB au Critérium des 5 ans (Vincennes, juin 2017)

Si cette course reste son meilleur souvenir, le driver avoue «prendre toujours beaucoup de plaisir car, dans ce milieu, on ne sait jamais de quoi va être fait le lendemain». Ces derniers temps, il a un peu ralenti le rythme: «Je cours désormais entre 800 et 900 courses chaque année. Le trot est ma passion même si c’est un sport difficile mentalement et qui nécessite beaucoup de patience. Si JMB a brillé durant tant d’années, «c’est grâce à une écoute des chevaux et à un esprit de challenger», confie-t-il humblement. Chaque jour aux côtés des équidés, Jean-Michel Bazire explique pourtant avoir eu un feeling particulier «avec seulement deux ou trois d’entre eux». Pour lui, «c’est difficile à définir, c’est comme entrer en télépathie avec l’animal. Parfois des choses se passent et c’est magique, une certaine connexion s’établit».

«Et je m’occupe de mon fils»

JMB et son fils Nicolas en 2014 à Vincennes.
JMB et son fils Nicolas en 2014 à Vincennes.

Le driver court toujours beaucoup, mais veut aussi former son fils: «Nicolas a 16 ans et mon nouvel objectif est de le mettre en place pour qu’il puisse bientôt voler de ses propres ailes.» Aujourd’hui en "préretraite", comme il le dit lui-même, JMB gère tout de même «70 trotteurs de compétition et 70 poulains». Et il n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin: victime d’un AVC en 2012, il tient à assurer qu’aujourd’hui tout va bien: «Je n’ai presque plus de problèmes de santé.» Malgré un palmarès déjà exceptionnel, le "Zidane du trot" n’est pas près de lâcher les rênes.

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