Que se passe-t-il dans notre corps quand notre vie est en danger?

Science Un certain nombre de réactions chimiques s'enchaînent lorsqu'on vit une situation de stress volontaire...

Marianne Clonta

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Etre bien lorsqu'on pratique une activité à risque est notamment dû à des hormones dans le corps qui gèrent pour nous le stress.
Etre bien lorsqu'on pratique une activité à risque est notamment dû à des hormones dans le corps qui gèrent pour nous le stress. — S. Rogers/Caters News Agency/Sipa

«L’Homme a besoin de trois choses: manger, se reproduire et réagir au stress», explique Jean-Luc Grillon, médecin et secrétaire général adjoint au Syndicat national des médecins du sport (SNMS). Aussi étrange que ça puisse paraître, on a donc tous besoin de stress ou de danger dans notre vie. Il permet de nous adapter à notre environnement et nous prévient d’une situation inconfortable.

«Quand nous sommes confrontés à une situation de stress, notre cerveau, via certaines molécules, réagit par un surcroît d'énergie. En gros, le cœur palpite plus vite et plus fort et les poumons s'ouvrent à plein pour récupérer le plus d'oxygène possible. Le corps est ainsi censé être plus apte à réagir face à la situation, avec plus de puissance et en étant plus rapide», précise Jean-Luc Grillon. En gros, une sorte de drogue du dernier recours. Attention juste au stress excessif, celui qui, en revanche, nous pourrit la vie…

Bonheur versus douleur

Caters News Agency/Sipa
Caters News Agency/Sipa

Tout d’abord, il y a les endorphines, qui sont des neurotransmetteurs produits par deux glandes cérébrales, l’hypophyse et l’hypothalamus, ainsi que par la moelle épinière. Proches chimiquement de la morphine, leur action diminue la sensibilité du corps à la douleur. Très pratiques durant l’effort physique intense, comme celui des athlètes, elles sont aussi présentes quand on est très excité, et même durant l’orgasme… En clair, elles troquent douleur et fatigue contre bien-être et relaxation momentanés. On comprend mieux pourquoi l’endorphine est souvent surnommée l’hormone du bonheur ou du plaisir sportif.

Rester en forme

La dopamine est, elle aussi, un neurotransmetteur qui s’active dans le cerveau. Si l’endorphine est liée au bonheur, la dopamine est, quant à elle, reliée au processus de récompense. Quand un individu accède à une chose qu’il convoite, un succès sportif par exemple, son cerveau libère une dose massive de dopamine qui a pour conséquence de lui procurer une sensation intense de satisfaction.

A. Boichard
A. Boichard

Simon Billy, membre de l'équipe de France de ski de vitesse, avec un record personnel à 246.575 km/h explique ce phénomène très bien: «Quand je suis sur la piste, surtout sur la piste de Chabrière — la piste la plus rapide du monde — où on passe de 0 à 200km/h en six secondes, c’est totalement grisant. J’adore la vitesse. L’accélération pure, la sensation de liberté. Je me sens tombé tout en étant super attentif.» Le tout sans perdre de vue son but ultime: tenter le record du monde. Pour que le but à atteindre ne soit jamais perdu de vue, le cerveau anticipe la future réussite, tout simplement en diffusant la dopamine en amont dans le corps. Une personne suffisamment motivée bénéficiera des effets de la dopamine pendant tout le temps de l’effort. En deux mots, un mental de fer dans un corps d’acier.

Combattre le stress

Place maintenant à certaines hormones du stress. Face à une situation de danger, le corps sécrète de l’adrénaline, en réponse à des émotions primaires, comme la colère ou la peur. Le cœur bat plus vite et plus fort, la pression artérielle augmente et les bronches se dilatent.

E. Parker/Caters News Agency/Sipa
E. Parker/Caters News Agency/Sipa

Liée à l’adrénaline, la noradrénaline joue, quant à elle, un rôle dans l’excitation, l’attention et la vigilance. Besoin d’énergie? Ces deux hormones forcent les graisses à brûler pour en libérer. A noter, que contrairement à des activités physiques de moyen ou long terme, comme un marathon par exemple, l’adrénaline est particulièrement adaptée pour des sports de haute intensité qui demandent un apport énergétique immédiat. Les trois clefs du bonheur des sportifs de l’extrême sont ainsi claires et si à leur évocation, les mots de drogues naturelles vous viennent à l’esprit, c’est normal. Les risques d’addiction existent. Ils poussent d’ailleurs parfois les sportifs à frôler de trop près la mort.

>>>Retrouvez l’ensemble de notre dossier «Goût de l’extrême» réalisé à l’occasion de la sortie en salle du film Everest, le 23 septembre.