L'œuvre de Guillermo del Toro en cinq extraits

FILMOGRAPHIE Réalisateur, producteur, scénariste, l'artiste mexicain a tout fait. On essaie de tracer la rétrospectives des films qu'il a réalisés...

Thierry Weber
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Le réalisateur Guillermo del Toro pendant le tournage de «Hellboy II: les légions d'or maudites».
Le réalisateur Guillermo del Toro pendant le tournage de «Hellboy II: les légions d'or maudites». — Rex Features/Rex/Sipa

Difficile de résumer une carrière de plus de trente ans en quelques extraits. D’autant plus lorsque cette carrière est faite de films, de romans et de bandes dessinés. Guillermo del Toro, dont le long-métrage le plus récent, «La Forme de l’eau», sortira dans les salles obscures le 21 février en France, se synthétise difficilement, et c’est pourtant ce que nous essayons de faire à travers cinq extraits de films qu’il a réalisés. Autant vous le dire, il y aura des SPOILERS, même des années après, mais on vous préviendra.

L’incipit de «L’Echine du diable» (2001)

«Il parle de l’histoire de l’Espagne, de la Guerre civile, mais aussi de choses plus intimes, des cicatrices profondes», décrit Charlotte Largeron, auteure de «Guillermo del Toro: Des hommes, des dieux et des monstres», aux éditions Rouge Profond. Ces thèmes historiques ne sont pas rares dans la filmographie, de même que la «question de la filiation». Ici, ces thématiques sont servies par une «construction cyclique». SPOILER: «L’intro dans ce film, c’est presque la scène qu’on retrouve à la fin.» Grâce à des transitions travaillées entre ses plans, le réalisateur signe ici un «incipit énormément soigné», selon Charlotte Largeron.


La mythique scène de l’homme pâle du «Labyrinthe de Pan» (2006)

Ce film montre, pour Charlotte Largeron, à quel point Guillermo del Toro «est un artiste hybride». Le long-métrage est à la fois «un conte de fées et une histoire à mi-chemin entre fantasy, chronique historique, et critique politique», ce qui se voit notamment lors de «la séquence avec l’homme pâle. C’est le point de bascule du film dans le fantastique et le cinéma d’horreur. Cette séquence est merveilleuse dans l’horreur, dans la monstruosité. Techniquement aussi le travail est très soigné.»


Lorsqu’on apprend le destin d’«Hellboy 2» (2008)

A la fois «fantasy, conte de fée, blockbuster d’action», le long-métrage s’attelle à une question récurrente de l’œuvre du Mexicain: «Qu’est-ce qui définit un homme? Est-ce qu’on se définit par ses choix?», résume Charlotte Largeron, qui évoque la scène où le héros rencontre l’ange de la mort. SPOILER: «Il est sur le point de mourir, et cet ange de la mort lui prédit son avenir et lui montre que sa destinée est de provoquer l’apocalypse.»


La caméra dansante de «Crimson peak» (2015)

«Très mal vendu», «avant tout une romance gothique et pas un film d’horreur»… C’est en ces termes que Charlotte Largeron décrit le film «Crimson peak». La scène qui sort du lot à ses yeux, est «la séquence de danse qui apparaît au début du film». La spécialiste apprécie «les gros plans sur les personnages secondaires, qui montrent leur dangerosité», aussi bien que les travellings qui suivent les acteurs. «La caméra danse, elle suit les protagonistes comme dans un ballet», commente l’experte.


L’amour filial au sein du chaos dans «Pacific rim» (2013)

Voilà une œuvre du réalisateur mexicain «plus profonde qu’il n’y paraît», d’après Charlotte Largeron. Elle décrit un film «très pop», qui montre «l’amour de Guillermo pour le cinéma asiatique». Les kaijus, notamment, les monstres gigantesques du film ne sont pas sans évoquer Godzilla. «La thématique de la filiation entre un père et sa fille adoptive», fréquente chez del Toro, est particulièrement visible «dans la séquence où on voit Mako petite, au milieu du chaos. Le personnage interprété par Idris Elba arrive et la sauve.» La scène se distingue par des caméras très mobiles, et «cette petite chaussure rouge», qui apporte «la notion de conte, même dans ce film».


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