Damien, le breaker qui se transforme en super-héros

IMAGINATION Demon fait partie des danseurs français du spectacle Red Bul Flying Illusion présenté à Paris en novembre 2016…

Laura Belleyme
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Surnommé Demon, Damien est un spécialiste des figures acrobatiques.
Surnommé Demon, Damien est un spécialiste des figures acrobatiques. — Dean Treml/Red Bull

Le vol gracieux de Superman, Batman et sa force froide, l’agilité de Spiderman… Les super-héros ont fait rêver Damien quand il était enfant. A 31 ans, ce jeune breaker à l’œil noir et aux muscles dessinés ressemble à toutes ses idoles d’enfance. En novembre 2016, il sera un Flying Hero («héros volant») lors du spectacle Red Bull Flying Illusion dont 20 Minutes est partenaire.

Première étape pour tout super-héros, il faut un nom de scène, une deuxième identité. Ce sera Demon. «On m’appelle comme ça depuis que je suis petit, c’est comme un deuxième prénom.» Un pseudo qui annonce la couleur. «Ça lui va bien, il a un caractère en acier trempé», sourit son frère Pierre, alias Punisher, breaker lui-aussi.

Sportif de haut niveau et végétarien

La spécialité de Demon? Faire croire qu’il lévite, qu’il vole au dessus du sol. En break, ces mouvements s’appellent les powermoves. Peu de contact avec le sol et des figures fondées sur la vitesse.

Pour faire illusion, Demon s’exerce d’arrache-pied et ne compte plus ses heures d’entraînement. «A un moment, il s’entraînait jusqu’à douze heures par jour. Au bout de deux semaines, il est tombé dans les pommes.» Son frère l’a vu se dépasser pour parvenir au sommet et maîtriser son corps. «Il n’y avait pas de salle dans notre ville. Été comme hiver, on s’entraînait dehors, à la dure.»

Cette rude formation est complétée par un régime végétarien. Un engagement pris avec son frère depuis six ans. «On veut montrer qu’il n’y a pas besoin de manger de la viande pour être sportif de haut niveau», explique Punisher.

Une âme de professeur

Élevé au pied des Alpes, dans un petit village à 50 kilomètres d’Annecy, Damien n’est pas piqué par une araignée radioactive, mais a plutôt un coup de foudre pour ce sport. Adolescent, l’apprenti super-héros tombe par hasard sur un groupe de breakers qui s’entraîne en bas de chez lui. Déjà adepte des arts martiaux et du skate, Demon tombe sous le charme de cet art. «Impossible de décrocher.»

Comme les personnages de comics, le Haut-savoyard ne fait pas les choses à moitié. Il quitte le collège pour se consacrer à l’école du break. «J’ai décidé de travailler sur une autre forme d’intelligence, sur le ressenti.» De Superman, il se transforme en intello à la Clark Kent, et laisse libre cours à l’expression de son corps. Une créativité qu’il exprime grâce à la musique. «Du métal pour me défouler et des mélodies plus ‘épiques’ lorsque je veux être inventif», explique-t-il.

Plus Daredevil qu’Avengers, Demon est assez solitaire. «Je préfère m’entraîner seul», reconnait-il. Avant d’être une passion, le break est une philosophie. «Ça a tout fait dans ma vie. Le break est présent dans mes relations avec ma famille et mes amis. C’est un mode de vie.»

C’est même son deuxième métier puisqu’il est professeur de break à Genève. Super-héros pendant les spectacles, Demon redevient Damien lorsqu’il enseigne les powermoves. Avec ses élèves, il a noué un lien fort. «Naturellement, il aime beaucoup transmettre. Si un nouveau arrive et s’entraîne à côté de nous, il va aller directement vers lui pour l’aider», raconte Punisher. Une identité que Damien devra laisser aux vestiaires le temps du spectacle. Pour ne garder qu’un seul costume, celui de Demon, héros du break.

>>>Retrouvez l'intégralité de notre dossier "planète breakdance", en partenariat avec le spectacle Red Bull Flying Illusion, qui se produira à Paris, Toulouse, Lille, Marseille et Lyon en novembre.