Le logement, un thème réservé à certains

Rédaction 20 Minutes

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Les maires favorisent l'accession à la propriété au logement social et à l'hébergement d'urgence.
Les maires favorisent l'accession à la propriété au logement social et à l'hébergement d'urgence. — F. Pascal/SIPA

SOCIÉTÉ - Selon le sondage du Secours catholique, les maires privilégient l’accession à la propriété au logement social et  l’hébergement d’urgence. Les élus destinent leur discours plutôt aux classes moyennes malgré une bonne image du logement social.

Aider les futurs propriétaires ou ceux qui ont besoin d'un logement à petit prix? 93% des élus interrogés lors du sondage «Les maires face à la pauvreté et l’exclusion» du Secours catholique sont favorables à la construction de logements en accession à la propriété. Les logements sociaux et l’hébergement d’urgence n’arrivent qu’en second plan. Alors que le nombre de logements sociaux est passé de 61459 en 2003 à 117065 en 2013, selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre.

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Pour Patrick Doutreligne, son directeur général, «les maires s’adressent à leurs principaux électeurs: les classes moyennes». Ces dernières seraient moins tolérantes vis-à-vis des plus défavorisés selon lui. «Les initiatives en faveur du logement sont destinées majoritairement aux classes moyennes», ajoute Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

D’autre part, le logement devient une forme de protection face à la crise. «Il y a une volonté forte des Français d’être propriétaires», rappelle le directeur général de la Fondation Abbé Pierre. Cela expliquerait que les élus favorisent l’accession à la propriété car «ils savent que le logement est un problème majeur.»

Un sujet soi-disant clivant

Pourtant, selon une enquête Ipsos/Steria du 31 janvier 2014 pour la Fondation Abbé Pierre, intitulée «Les élus et le mal logement», 66% d’entre eux ont conscience qu’il est difficile pour les personnes en situation précaire de se loger. Seulement en période de campagne, «le logement social est assez clivant», commente Joachim Soëtard de l’Union sociale pour l’habitat (USH).

Une contradiction puisque 89% des Français ont une bonne image du logement social selon l’organisme. «Mais les élus pensent l’inverse, c’est pourquoi ils n’en font pas un thème de campagne», ajoute Joachim Soëtard. Les électeurs renverraient donc une image erronée de leur vision du logement social aux maires.

Quant à l’hébergement d’urgence, les édiles ne sont que 38% à le considérer comme important selon le sondage du Secours catholique. «Il est destiné qu’à une minorité et les maires considèrent que cette prérogative relève plus de l’Etat», observe Patrick Doutreligne. Les efforts de certaines villes comme Paris sont soulignées mais «elles demandent désormais aux autres de prendre le relai».

Colette Dupuis