Les animaux n’ont pas de conversations comme nous autres humains pouvons en avoir. Leur communication est basée sur l’émission de bruits. Ceux qui résident dans les mers et océans se sont adaptés à leur milieu. Ils ont ainsi mis au point un système qui va au-delà de la vision puisqu’à partir de 100 mètres de profondeur il est difficile d’y voir clair. De plus, «les lois physiques font que la capacité de propagation du son est cinq fois plus rapide dans l’eau que dans l’air. Il parcours 1,5 kilomètres par seconde dans l’eau, contre 340 mètres dans l’air», explique Michel André, bio acousticien et professeur à l’Université Polytechnique de Catalogne.

Différents sons

Chez les poissons, l’utilisation du son change selon les espèces, parfois, seuls les mâles sont aptes à communiquer. Chez les ombrines par exemple, ces poissons comestibles vivants en Atlantique et en Méditerranée, les femelles ne possèdent pas les muscles qui permettent d’émettre des sons. Il existe également une relation directe entre la taille de l’animal et la fréquence émise par celui-ci. «Plus il est gros, plus le son sera grave», détaille Eric Parmentier, enseignant-chercheur à l'Université de Liège. A l'Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, il a notamment travaillé sur la donzelle (sorte d’anguille) dont la complexité du mécanisme sonore est «assez extraordinaire, les mâles et les femelles ne produisent pas les mêmes palettes de sons!»

Nous émettons le même type d’onde que les poissons, mais pas à la même fréquence. Si l’on plonge en masque et tuba, nous sommes donc tout à fait capables d’entendre les sons émis par les poissons clowns par exemple. En revanche, il nous est impossible de repérer le sonar des cétacés à dents tels le dauphin, le phoque ou le beluga. «Ce signal d’écho localisation naturel, est une source active qui se propage dans l’eau. Si elle rencontre une cible, elle va renvoyer un écho, un reflet, et va renseigner l’émetteur de ce son mais aussi ceux qui l’entourent», renseigne Michel André. Les mammifères peuvent ainsi se retrouver.

Des messages pratiques

«Les sons émis par la faune marine donnent une série d’informations. Ils sont principalement utilisés pour défendre un territoire, repérer une proie, donner l’alerte par rapport à l’approche de prédateurs ou par les mâles pour attirer les femelles», indique Eric Parmentier. Beaucoup de poissons produisent d’ailleurs des sons seulement en période de reproduction. Les sons sont également utilisés pour reformer des bancs, les clupéidés tels les harengs, les sardines ou les anchois «font sortir de l’air par leur anus pour cela», poursuit le chercheur.

Chez les mammifères les sons sont aussi une façon de communiquer au sein d’un groupe social. «Chez les dauphins et les orques par exemple, ils produisent des sifflements de communication. On ne sait pas précisément quel genre d’informations ils se transmettent mais cela permet clairement leur coordination», affirme le bio acousticien.

Il reste encore beaucoup à découvrir sur la communication sous marine. Ce qui est certain c’est que les espèces interagissent seulement au sein de leur propre famille. Néanmoins si elles ne se comprennent pas entres elles, les fréquences produites peuvent impressionner les autres et donc désamorcer les conflits ou prévenir des combats.

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