Quels sont les animaux marins les plus menacés?

ENVIRONNEMENT Les espèces de la grande bleue doivent faire l’objet d’une préservation très contrôlée…

Petunia James

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Les tortues marines sont victimes de l'activité humaine et se font de plus en plus rares.
Les tortues marines sont victimes de l'activité humaine et se font de plus en plus rares. — L. Wood / SplashdownDirect / Rex Features

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181Le chiffre peut étonner. Sur les 76.199 espèces évaluées à ce jour par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour établir la Liste rouge des espèces menacées, seules 9.619 proviennent des mers et océans. «C’est toujours compliqué d’évaluer réellement le statut d’une espèce marine», intervient Laurence Le Direach, biologiste au Groupement d’intérêt scientifique Posidonie. En cause, l’incapacité de l’humain à pouvoir effectuer des recherches poussées sous l’eau faute de matériel et d’aptitudes physiques suffisants. Néanmoins, de grands efforts ont été déployés depuis le début des années 2000, ainsi tous les requins et coraux constructeurs de récifs ont pu être évalués.

Une méthodologie bien ficelée

Pour déterminer l’état de fragilité des animaux marins, ceux-ci sont classés par catégorie de menace : vulnérable comme les lamantins, en danger telles les baleines bleues et en danger critique, case dans laquelle les marsouins du golfe de Californie sont rangés. «Pour l’établir, on renseigne une série de critères quantitatifs qui reposent sur les effectifs de population, leur taux de déclin, mais aussi la surface qu’ils occupent… Ce dernier point vaut surtout pour les coraux», explique Florian Kirchner, chargé de programme «Espèces» de l’UICN France.

Il existe également une catégorie spéciale pour les données manquantes ou insuffisantes. Un quart des animaux marins en font partie. «Le grand malheur, c’est qu’il y a forcément des menacés parmi eux», déplore l’expert. Et pour être certain de ne rien laisser au hasard, l’UICN a créé une section «Quasi menacée» qui montre une situation inquiétante, et la nécessité d’une vigilance accrue auprès de certaines espèces telles le narval.

La cause du danger

Si certaines maladies liées à l’environnement marin agissent parfois sur la diminution des espèces, l’homme est souvent le premier responsable. Les activités humaines comme la pêche impactent grandement les résidents des mers et des océans. «C’est une question extrêmement sensible car beaucoup de gens en vivent. Ca ne veut pas dire que la cause est perdue, mais il faut continuer à mieux gérer la pêche comme celle du thon. Avec la mise en place des quotas depuis un an ou deux, on le voit revenir en quantité près du bord», détaille Laurence Le Direach.

Egalement en cause, les habitats côtiers qui ont mené à la disparition de certains sites de ponte, et la pollution. Marées noires, macro déchets tels les sacs plastiques qui mènent à l’étouffement des tortues marines, réchauffement climatique… La population marine subit de nombreux désagréments. «Si une espèce disparaît, c’est définitif et grave. Les écosystèmes sont faits d’assemblages de populations, c’est le tissu de la biodiversité et si une maille saute, ils peuvent s’effondrer. C’est inquiétant, on craint un contrecoup pour l’homme. Par effet de cascade, les océans perdent en positivité et donc en ressources alimentaires», ajoute Florian Kirchner.

Mais ce n’est pas tout! La biodiversité marine est également une grande pharmacopée. Tout un tas de molécules sont actuellement utilisées pour créer des médicaments et même des cosmétiques. Les éponges en ont notamment fourni plus de 7000 pour innover et solutionner des problèmes dans ces domaines. La préservation marine est donc une priorité pour l’environnement aquatique mais aussi pour notre santé.

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