Malgré leur âge, ces athlètes continuent de briller

SPORT Les secrets de longévité des compétiteurs «seniors» qui font jeu égal avec les jeunes...

Thierry Weber

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La championne Dara Torres a été sélectionnée à l’âge de 41 ans, en 2008, pour participer aux Jeux olympiques.
La championne Dara Torres a été sélectionnée à l’âge de 41 ans, en 2008, pour participer aux Jeux olympiques. — M. J. Terrill/AP/SIPA

Un sportif est-il fini après 30-35 ans? Il n’est pas bon de faire de vieux os dans le sport, sous peine de ternir son palmarès ou de risquer la blessure. Pourtant, des champions continuent de briller parmi les jeunes au-delà de la trentaine…

Réaliser l'effort au bon moment

«La qualité des tissus est moins bonne quand on vieillit. A 35 ans, il y a plus de risques de se blesser», commence le docteur Marc Rozenblat, secrétaire général du Syndicat national des médecins du sport (SNMS-Santé). «Le processus de cicatrisation n’est pas le même non plus», poursuit-il. Pareil pour le cœur, puisque «à partir de 30-35 ans, un sportif entraîné va perdre 5% de ses capacités cardiorespiratoires à chaque décennie», explique le docteur Roland Krzentowski, médecin du sport et président du centre-médico sportif Mon stade, situé à Paris.

Cependant, tous les aspects de la condition physique ne se détériorent pas avec l’âge. Les muscles, par exemple, gardent une puissance à peu près égale jusqu’à 45-50 ans, selon le président de Mon stade.

Par ailleurs, certains arrivent à compenser la dégradation du souffle. C’est le cas de Jérôme Fernandez, 38 ans, capitaine de l’équipe de France de handball. Pour le double champion olympique, «l’expérience et le savoir-faire tactique viennent compenser l’aspect physique. Quand on a plus d’expérience, on réalise les efforts au bon moment, on peut être explosif et efficace».

Une question d’expérience

Les sportifs qui durent gardent un autre atout dans leur manche: l’envie. Laura Flessel-Colovic, sextuple championne du monde d’escrime, «avait vraiment cette hargne de ne pas lâcher. Même si elle était fatiguée, elle ne le montrait pas et avait appris à composer avec la douleur et à aller au-delà de ses limites», commente Rudy Naejus, entraîneur adjoint de l’épéiste au moment où elle prend sa retraite, à 41 ans.

Jérôme Fernandez partage cet avis: «Ce n’est pas en en faisant moins qu’on dure, mais au contraire, en donnant plus lors de l’entraînement. Comme je me connais, je sais gérer les étirements ou la musculation», confie le champion.

Mais «si on fait du sport de haut niveau en pensant à ne pas se blesser, on ne peut pas prétendre réaliser des performances», conclut Rudy Naejus.