Peut-on encore faire du covoiturage gratuitement? BlaBlaCar a-t-il vraiment eu raison de toute la concurrence? 20 Minutes s’est mis à la recherche d'alternatives gratuites au géant français du covoiturage.

Première constatation lorsqu’on tape «covoiturage gratuit» dans un moteur de recherche: le nombre de sites proposés. Une vingtaine de plateformes au bas mot... difficile de faire un choix.

LaRoueVerte.com figure en haut des résultats. Le slogan retient notre attention: «le site gratuit et indépendant du covoiturage». Nous créons un profil et cherchons à réserver un trajet souvent emprunté par les covoitureurs: Paris-Lille, départ vendredi 4 mars. Résultat: aucun covoiturage vendredi. Le site nous renvoie vers des trajets «similaires» comme Neuilly Plaisance–Lens.

En parallèle, sur le site de BlaBlaCar, 206 annonces sont disponibles pour le seul vendredi…

Deuxième option proposée par notre moteur de recherche: GoMore. Le site se targue d’être le «numéro 1 du covoiturage sans frais en Europe». Encore une fois, très peu d’offres, seuls 4 trajets nous sont proposés, aucun pour vendredi.

3ème choix: covoiturage-libre.fr. Cette fois, pas de compte à créer, les offres sont accessibles sans connexion. 5 trajets s’affichent, dont deux Paris-Lille, le 4 mars. Bingo. Nous contactons les deux conducteurs. Un des deux numéros fourni n’existe pas, l’autre ne répondra jamais.

Les sites Karzoo et Roulez Malin ne proposaient quant à eux, aucun voyage Paris-Lille.

Karzoo pas de voyage ok

De nombreuses plateformes de mise en relation gratuites mais…très peu d’usagers

Avec plus de 90% de part de marché détenu par BlaBlaCar, les plateformes gratuites sont souvent de belles vitrines avec très peu d’usagers. Créée en 2011, l’association covoiturage-libre.fr propose 400 trajets par jour, un bon score dans le monde de la concurrence gratuite à BlaBlaCar.

«On est approchés en permanence par des sociétés ou des services de covoiturage qui souhaitent nous racheter nos usagers», raconte Bastien Sibille, président bénévole de l'association.

Lancée à la fin 2014, IDVroom (plateforme semi-gratuite de la SCNF) a de son côté parié sur une niche: le covoiturage de proximité. «Blablacar a une position dominante sur le longue distance loisir. Nous sommes positionnés sur les trajets plus courts, du quotidien, comme les trajets domicile-travail», explique Frédérique Ville, directrice générale d’IDVroom.

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Avec 18.000 trajets par jour, 100.000 inscrits et un système de planning de covoiturage par semaine, le site tire son épingle du jeu…pour l’instant. Seul bémol, la plateforme n'est pas entièrement gratuite.Les usagers peuvent payer en espèces (et sans frais) mais seulement si le conducteur donne son accord. Dans le cas contraire, il faudra passer par la plateforme et payer une commission.

Les défenseurs du covoiturage sans frais font entendre leur voix

Militants de la gratuité, d’un «service public du covoiturage», étudiants étrangers ou tout simplement interdits bancaires, les défenseurs du covoiturage sans frais sont nombreux à réclamer une alternative (fiable) à BlaBlaCar.

Contacté via le site laroueverte.com, Matt, un franco-congolais raconte: «Il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas de carte de crédit dans la communauté africaine, le problème c’est que BlaBlaCar demande toujours un paiement par carte, alors on essaye de s’arranger», explique-t-il. «Il y a toujours un cousin, un frère, un ami qui a une carte et qui peut réserver pour nous mais on préférerait utiliser d’autres sites.» A chaque voyage, Matt poste donc son annonce sur 3 ou 4 plateformes différentes.

Sur le compte facebook de covoiturage-libre.fr, autres arguments mais même constat: pour l’instant difficile de se passer de BlaBlaCar. Entre deux débats sur les méfaits du passage au payant et la professionnalisation des plateformes de covoiturage, les membres tentent de s’échanger les bons plans et les «sites qui marchent». En attendant une vraie alternative.