Dans le 12e arrondissement parisien, Laurence Sourisseau tient les rênes du temple du partage: l’Etablisienne. Derrière le panneau «entrée libre» se nichent des ateliers et bureaux partagés où l’on travaille le bois tout en mutualisant les objets, mais aussi le savoir…

Un concept qui a vu le jour aux prémices de l’économie collaborative

Laurence Sourisseau, fondatrice et gérante de l'Etablisienne.

Laurence Sourisseau, fondatrice et gérante de l'Etablisienne. Crédit: L. Gully/20 Minutes

Entre divers meubles, chaises et planches en bois prêtes à se faire polir, l’ex-designer raconte qu’il y a six ans, alors qu’elle lançait son concept, personne ne comprenait vraiment l’économie collaborative: «A l’époque, les gens venaient en pensant prendre des outils, rentrer réparer leurs objets chez eux, et les ramener après.» Un premier constat qui n’a pas refroidi la gérante qui croyait dur comme fer à l’intérêt du lieu: «Il n’y avait pas d’endroit où mettre à disposition toutes ces choses qu’on achète et qui, finalement, ne nous servent qu’un temps.»

Le rez-de-chaussée de l'Etablisienne.

Le rez-de-chaussée de l'Etablisienne. Crédit: L. Gully/20 Minutes

Si, en 2011, les locaux, situés boulevard de Picpus, étaient uniquement destinés au partage d’espace et d’outils, aujourd’hui, le lieu a bien grandi autour de deux activités supplémentaires: «Les cours et les stages, ainsi que le dépôt-vente, pour donner une seconde vie aux objets», explique Laurence Sourisseau. Avec cette nouvelle offre, tout le monde peut venir déposer différents types d’objets moyennant une somme d’argent ou du troc. «En fonction de la valeur monétaire d’une table, par exemple, la personne aura droit à tant d’heures de cours», commente la gérante.

A l’approche de Noël, les adeptes du «do it yourself» investissent les lieux

L'entrée de la maison du collaboratif.

L'entrée de la maison du collaboratif. Crédit: L. Gully/20 Minutes

A la maison du collaboratif, plusieurs générations se côtoient. Les personnes venues déposer quelques affaires lors d’un déménagement et les professionnels, particuliers, retraités ou étudiants qui sont ici pour tester ou perfectionner leurs talents de menuisier. Entre le rez-de-chaussée où les objets sont décorés, le sous-sol consacré à la fabrication et à la restauration et le premier étage transformé en espace de coworking, il y en a pour tous les goûts. «Nous accueillons un vaste public. En général, les trentenaires sont plutôt attirés par la découverte du bois et les personnes plus âgés par la restauration de vieux objets qui leur sont chers. Les plus jeunes sont également présents, surtout lors des stages et des cours.» Tout ce beau monde partage les mêmes espaces et «un système d’entraide se met donc naturellement en place», ajoute la fondatrice.

Une habituée, venue fabriquer une boite à montres.

Une habituée, venue fabriquer une boîte à montres. Crédit: L. Gully/20 Minutes

A l’approche de Noël, la demande augmente, «le froid aidant», plaisante Laurence Sourisseau. Au sous-sol, Marie-José est venue prendre un cours pour fabriquer une boite à montres pour son fils: «Les gens viennent ici avec leur projet et profitent du lieu et des connaissances de l’équipe. C’est toujours très convivial et sympathique», lance l’habituée, accompagnée par Bérangère, ébéniste employée par la structure. «Fabriquer ses objets soi-même est très tendance depuis une dizaine d’années. Pour les fêtes, on propose des coffrets cadeaux. Ils permettent d’offrir une expérience plutôt que quelque chose de matériel et se vendent très bien», commente Laurence.

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Selon elle, «le "do it yourself" a toujours existé, mais il y a eu une rupture depuis quelques générations. Durant une longue période, les métiers intellectuels ont été survalorisés par rapport aux métiers manuels. Désormais, on reprend conscience que c’est un tout. Je note un vrai besoin de retoucher à la matière». Une tendance qui incite la fondatrice du lieu à poursuivre sur sa lancée. On touche du bois pour elle.

La maison du collaboratif permet au public de disposer d'un espace et d'outils pour bricoler.

La maison du collaboratif permet au public de disposer d'un espace et d'outils pour bricoler. Crédit: L. Gully/20 Minutes

 

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