L’économie collaborative, c’est du partage et des économies mais aussi de l’argent brassé. Au-delà des fantasmes, quels revenus tire-t-on réellement de ces nouvelles plateformes? Ce mois-ci, 20 Minutes se penche sur le service de location de voitures entre particuliers et décrypte les comptes de Mathilde…

Ce que ça lui rapporte

Propriétaire d’une petite Peugeot 207, Mathilde s’est inscrite l’été dernier sur Koolicar, site d’auto-partage sans échange de clés. Le prix de la location est déterminé par un algorithme, prenant en compte plusieurs critères: la durée de la location, le kilométrage parcouru et le type de voiture mis à disposition. «Je reçois de nombreuses annonces entre mai et août et aussi durant les week-ends», explique la jeune femme.

«Comme je ne suis pas dans une logique de rentabilité mais plutôt de partage de frais, je ne mets pas toujours à disposition ma voiture sur Koolicar car j’ai besoin de m’en servir», continue Mathilde. Depuis son inscription, il y a un an, les gains générés sont donc très variables: «La moitié du temps je peux gagner 30 euros et l’autre moitié je peux récolter 200 euros».

A noter que sont déjà déduits de ces sommes les 30% que se reverse la société Koolicar. Cette commission vise à garantir aux utilisateurs une assurance en cas de dommages et couvrir les frais d’installation de la Koolbox, un boîtier technologique qui évite l’échange de clés entre particuliers. Habitante d’une petite commune à côté de Vincennes, Mathilde se réjouit de ne pas devoir payer le parking.

Mathilde a gagné sur une année 1.130 euros. C’est une manière pour elle d’équilibrer les dépenses habituelles liées à la possession d’une voiture. La jeune femme est aussi gagnante car, en permettant à sa voiture diesel de rouler fréquemment, les risques d’encrassement sont limités.

Ce qu’elle perd

Toutefois, faire rouler sa voiture, c’est autant de kilomètres parcourus par divers utilisateurs, qui peut provoquer une décote plus rapide du véhicule.

Mathilde effectue en moyenne 9.000 km par an. A disposition depuis un an, sa Peugeot 207 a été conduite par de nombreux particuliers. En tout, ces derniers ont rajouté 4.000 km au compteur. Selon Sylvain Girault, membre de l’Alliance Nationale des Experts en Automobile (ANEA), «la décote sera vraiment très faible car les kilomètres supplémentaires ne sont pas excessifs. En revanche, l’impact psychologique peut être gênant. Si un acheteur potentiel apprend que la voiture en vente a été utilisée par de nombreux inconnus, il sera bien plus réticent à l’idée de la prendre.»

A côté, la jeune conductrice consacre un budget de 50 euros par mois à l’essence. En effet, pour pouvoir mettre à disposition sa voiture, le propriétaire doit faire le plein pour une location de plus de 300 km et remplir au ¾ pour une location de moins de 300 km.

Les coûts cachés

La signature du contrat, l’échange des clés, la gestion de l’état des lieux, le calcul du kilométrage… autant de contraintes que le fondateur de Koolicar a souhaité évincer. Grâce au boîtier électronique embarqué – la Koolbox – propriétaires et loueurs ne sont pas tenus de se rencontrer. L’installation du boîtier ne prend pas plus de 30 minutes.

Depuis un an, 19 particuliers ont loué la citadine de Mathilde via Koolicar. Lorsqu’elle a choisi de mettre à disposition sa voiture sur un site d’auto-partage, elle n’a pas hésité. «C’est un vrai gain de temps. Il n’y a pas besoin d’être sur place pour gérer toutes ces formalités avec le loueur. La signature du contrat de location et l’état des lieux se font de manière informatique. En moins de 15 minutes, c’est fait», raconte-t-elle.

En moyenne, Mathilde a consacré cette année 5 heures à la gestion des loueurs de son véhicule.

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