L’économie collaborative, c’est du partage et des économies mais aussi de l’argent brassé. Au-delà des fantasmes, quels revenus tire-t-on réellement de ces nouvelles plateformes? Ce mois-ci, 20 Minutes se penche sur l’hébergement entre particuliers et décrypte le livre de comptes de Tristan*, apprenti loueur sur Airbnb

Ce que ça lui rapporte

Locataire d’un 60 m2 dans le 8e arrondissement de Paris, Tristan s’est inscrit début juin sur la plateforme d’hébergement Airbnb en écoutant les conseils de ses amis. Le jeune homme, en comparant les autres annonces sur le site, a tablé sur 99€ par nuit de la location. Comme la plateforme prend une petite commission, Tristan met dans sa poche 91€.

«Au début, j’étais à fond», s’exclame-t-il, en se remémorant son inscription début juin. Son logement a été colonisé la moitié du mois par des voyageurs étrangers. Les locations ont toujours été de courte durée, de 2 ou 4 jours. Résultat de cette location saisonnière: 91€ x 15 jours = 1.365€ générés. «En juillet, je n’ai pas beaucoup loué car peu de monde répondait à mon annonce», affirme Tristan. Une location de 4 jours lui a permis de gagner 364€.

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Tristan a également fixé un tarif dégressif à la semaine: 550€. Ce prix va pouvoir s’appliquer ce mois-ci puisque des touristes ont récemment répondu à son annonce pour un séjour à Paris du 3 au 10 août. A côté de ce «long» séjour, d’autres visiteurs ont fait une réservation de trois jours durant cette période estivale. 550 + (91x3) = déjà 823€ empochés, à peine le mois d’août commencé.

Le bientôt trentenaire, qui travaille dans un hôtel parisien contre une rémunération de 2.700€ nets par mois, ne passe pas par d’autres sites d’hébergement entre particuliers. «J’ai toujours des réponses rapides des utilisateurs pour louer mon logement», explique-t-il.

> Au total, Tristan a donc tiré 2.552€ de revenus en trois mois.

Ce qu’il dépense

Lorsqu’il met son appartement à la disposition de ses locataires, Tristan a divers points de chute. Pour les séjours de 4 jours, il prend le train, direction la Normandie, pour rendre visite à ses parents. En juin, il a pris le train à deux reprises. Un aller-retour coûte 33€.

L’entraide familiale est de rigueur chez le jeune homme. Quand il soumet son logement à la location, il atterrit dans le canapé de sa sœur, qui vit à quelques encablures dans le 17e arrondissement. Pour la remercier de son hospitalité, le frangin la régale en sushis et lui paye quelques verres dans un bar. «J’ai dû débourser un peu plus de 50€», évalue-t-il.

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De l’apprenti loueur, Tristan compte bien devenir un «serial loueur» en continuant de passer par Airbnb pour se faire de conséquents compléments de revenus. D’après lui, sa sœur ne voit aucun inconvénient à ce qu’il vienne chez elle régulièrement.

Tristan croise les doigts, pour l’instant chaque location s’est bien déroulée. Aucune casse n’a encore été déclarée. Seul bémol à la première location: «Ils avaient laissé un grand foutoire. La vaisselle n’était pas faite et les poubelles n’étaient pas sorties», se rappelle-t-il. Ce qui n’a pas été déclaré, c’est également les gains générés par cette activité récurrente. «Pourtant, je sais que je devrais les déclarer aux impôts», dit-il.

> Au total, Tristan a dépensé 132€ en billets de train et un peu plus de 50€ pour remercier sa sœur de l’hospitalité qu’elle lui offre, soit près de 200€ en trois mois.

Les coûts cachés

Locataire depuis six mois dans cet appartement, situé au pied du métro Rome, Tristan paye un loyer de 1.080€ toutes charges comprises (sauf l’électricité qui coûte 25€ par mois). L’appartement est doté d’une machine à laver et d’un lave-vaisselle. Aucune nécessité donc de dépenser de l’argent en laverie automatique, dont le prix oscille entre 3€ et 10€ par cycle selon le poids du linge à nettoyer.

Du coup, c’est à l’adepte de Airbnb d’effectuer les tâches ménagères. Une demi-heure pour briquer l’appartement lui suffit. «J’enlève les draps pour les mettre dans ma machine à laver. Pendant qu’elle tourne, je range et passe l’aspirateur. Je ne me prends pas la tête à faire du repassage», développe Tristan.

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Quid de la remise des clés? Parmi ceux qui louent leur logement, certains ont misé sur un service de conciergerie pour s’épargner les déplacements. Tristan, lui, a toujours pu recevoir ses voyageurs chez lui pour leur remettre les clés en mains propres. L’état des lieux ne lui a jamais pris plus de 15 minutes. Lors du départ, Tristan est d’un naturel confiant. Lui qui a toujours un double, il propose aux visiteurs de les laisser à l’intérieur et de claquer la porte en partant.

Pratique, rapide et ergonomique, l’application sur smartphone Airbnb lui garantit de poster une annonce «en deux minutes». Les utilisateurs sont très réactifs. Tristan affirme: « Si je réponds rapidement, j’attends une demi-journée avant de faire mon choix, le temps de cibler ceux avec qui j’ai le feeling.»

> Au total, Tristan a consacré 7h à la location.

*Le prénom a été modifié