C’est un cycle infini. Chaque graine qui germe donne une plante et de cette plante naîtront des graines. Alors autant multiplier les plantations, s’échanger des semences et les faire fructifier. C’est sur ce principe que fonctionnent les grainothèques qui ont vu le jour à Paris.

La première a été créée dans la bibliothèque Vaclav Havel, située dans le XVIIIe arrondissement de Paris, sous l’impulsion de Lisa Lelièvre, la responsable de l’action culturelle. «La grainothèque fonctionne sur le mode du troc. Pour prendre des semences, il faut d’abord en déposer. Nous disposons en ce moment d’une cinquantaine de sachets, répartis en trois groupes: les plantes potagères, les plantes à fleur et les plantes sauvages.» Seule contrainte, les graines échangées ne doivent pas provenir du commerce. Tout doit être produit chez soi.

Un mouvement qui prend de l’ampleur

Au moment de sa mise en place en 2015, les choses avaient pourtant mal commencé. Les participants n’avaient pas compris la notion d’échange, se souvient Lisa Lelièvre. «Les gens venaient, se servaient en graines mais n’en donnaient pas en retour. Aujourd’hui, elles ne sont plus en libre service et ça fonctionne mieux comme ça.»

Le troc de plantes a fait du chemin depuis. La ville de Paris compte désormais quatre grainothèques, toutes logées dans des médiathèques. Et actuellement, des échanges non monétaires de ce genre ont lieu dans toute la France, comme à Lyon.

Même dans le privé, ça prend

Dans la ville des Lumières, on s’échange aussi des boutures. Des rencontres lors desquelles chacun apporte ses graines germées dans de petits pots. «Je n’ai pas de jardin, même pas de balcon. Mais chez moi c’est très vert. J’avais l’habitude d’aller régulièrement échanger mes boutures et j’ai fini par organiser ce type d’événements dans ma propre entreprise», explique l’auteure du blog l’Abeille du Mékong, qui travaille dans une grande entreprise du monde ferroviaire. «Au début, je faisais ça un peu à l’arrache. Mais les gens n’osaient pas venir. Aujourd’hui, ça fonctionne bien. Ils repartent avec de nouvelles plantes à faire pousser chez eux, tout le monde est content.»

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Pour organiser ou participer à un troc de plantes, de nombreux collectifs existent. La meilleure façon d’en trouver un proche de chez vous est encore de taper «troc de graines» ou «troc de boutures», ainsi que la grande ville la plus proche de chez vous dans la barre de recherche Facebook.