Le monde agricole est en crise mais pas à court d’idées. En l'espace de quelques années, de nombreuses start-up collaboratives ont vu le jour pour aider les agriculteurs dans leur quotidien ou expérimenter de nouveaux modèles de production. Alors que le salon de l’agriculture se tient sous haute tension à Paris, 20 Minutes fait le tour (non exhaustif) de ces initiatives porteuses d’espoir.

La Ruche qui dit Oui, la success story des circuits courts

Le principe est simple: mettre en relation des consommateurs et des petits producteurs locaux via une plateforme internet. Avec un mot d’ordre: ce sont les agriculteurs qui fixent eux-mêmes les prix. Lancée en 2011, la start-up regroupe 5.000 producteurs au sein de 700 antennes locales surnommées «les ruches».

Si ce modèle en circuit-court rencontre un franc-succès, les fondateurs ont d'abord du convaincre. «On nous disait que les agriculteurs ne se mettraient jamais en ligne», se rappelle ainsi Marc-David Choukroun, co-fondateur de la plateforme.

Avec 130.000 membres, la start-up essuie aujourd'hui des critiques. La cause? Le site prélève une double commission sur les ventes: 8,35% reversés à la structure (qui emploie 120 salariés à temps plein) et 8,35% aux responsables de ruches, qui gagnent en moyenne 400 à 500 euros par mois.

We Farm Up, la location de matériel entre agriculteurs

Comment trouver un épandeur à engrais pour quelques hectares de terrain? Un tracteur pour une demi-journée? Les machines agricoles coûtent cher, très cher: de plusieurs centaines à des dizaines de milliers d’euros. C’est sur cette idée qu’a surfé Laurent Bernède, céréalier du Lot et Garonne en créant We Farm Up.

Le système est aussi simple qu’Airbnb: des profils d’agriculteurs louant leurs machines, des profils d’agriculteurs recherchant du matériel  et…des avis. Née il y a quelques mois, We Farm Up regroupe déjà plus de 600 agriculteurs dans tout l’Hexagone pour 300 machines agricoles à louer.

Miimosa : le Kiss Kiss Bank Bank de l’agriculture

Vous voulez agir pour la protection des abeilles et l’apiculture bio? Aider à la rénovation d’une ferme auberge qui produit des fruits et des légumes dans le respect de l’environnement? Donner un coup de pouce à une micro-brasserie à Paris? C’est désormais possible grâce à Miimosa.

Lancée en octobre 2014, la plateforme de crowdfunding propose à tout un chacun de financer des projets exclusivement liés à l’agriculture et à l’alimentation. En échange, pour les généreux contributeurs, des contreparties en nature: pots de miels, nuit à la ferme, paniers de légumes.

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«C’est un formidable créateur de lien social entre les Français et les agriculteurs», explique Florian Breton, petit-fils d’agriculteurs et fondateur de Miimosa. En un peu plus d’un an d’existence, le site a déjà financé 200 projets et collecté plus d’un million d’euros. Son fondateur espère en récolter 3,5 millions cette année.

Monpotager.com : pour planter son potager chez un agriculteur

Faire pousser son propre potager, l’idée séduit de plus en plus de Français. Problème, il est parfois difficile de mettre son projet à exécution, faute de jardin ou de place. Le site monpotager.com permet aux particuliers de se mettre en relation avec des agriculteurs pour «louer» une partie de leur parcelle.

Reste à sélectionner la taille de cette dernière (comptez 15 à 100€ par mois), puis à planter virtuellement les fruits et légumes de votre choix. Vous pouvez ensuite suivre à distance l'évolution des plants jusqu’à maturation. Une fois prêts, vos fruits et légumes peuvent enfin vous êtes livrés.

A Green’Startup , un concours de Start-up dédié au secteur

Lancé en 2014, A Green’Startup récompense la startup la plus innovante dans le milieu agricole. Ouvert aux professionnels et aux novices, les projets sont notés par un jury composé de professionnels du monde de l’innovation de l’agriculture et de entrepreneuriat. La 2ème édition nationale a eu lieu ce weekend au Salon de l’Agriculture et a primé ce que certains nomment  déjà  le «Wikipédia de l’agriculture»: Agriversity.

Cette plateforme, imaginée par un Chilien, propose de mettre en commun et partager les connaissances sur le monde agricole (lutte contre certaines maladies, technologies de pointe) et permettre à tous les agriculteurs, y compris aux plus isolés, d’avoir accès à ces informations.

Les agriculteurs pionniers de l’économie collaborative?

Bien que révolutionnées par l’essor du numérique, ces pratiques collaboratives font partie depuis bien longtemps du quotidien des agriculteurs, habitués à se regrouper en coopératives. «Il y a toujours eu une solidarité paysanne, une volonté de lutter contre l’isolement et l’amoncellement de responsabilités» explique Marie-Laure Hustache, du think tank agricole saf agr'iDées. «Le numérique a crée une nouvelle dynamique, une forme de collectivisme libéral qui permet d’obtenir de l’aide et des revenus supplémentaire. C’est un levier et une ouverture au monde formidable.»