La puissance des partages sur les réseaux sociaux n’aura pas échappé aux figures politiques et aux entreprises. L’outil gratuit qu’ils ont aujourd’hui tout intérêt à utiliser est le crowdspeaking, la nouvelle tendance en matière de communication de masse sur Twitter et Facebook.

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Le principe: poster un message sur une plateforme de communication participative pour faire valoir sa cause ou son projet auprès des internautes. Ceux qui décident de soutenir une campagne autorisent alors ceux qui la portent à publier automatiquement, et au même moment, le message sur leurs profils Facebook et Twitter, comme ici, pour la campagne No Kid Hungry's Day Giving Day :

Sur Thunderclap, plateforme pionnière du crowdspeaking avec 7 millions d’internautes, les grandes marques comme Durex ou Sony avaient leur place dès le lancement de la plateforme. A l’inverse du site américain, Daycause, en France, s’estime spécialisé dans des «causes» (animale, environnementale, humaine, etc). «Ce sont les sujets sur lesquels les gens se mobilisent le plus», remarque Jean-Patrick Labouyrie, fondateur de la plateforme. Récemment, la campagne de la SPA contre l’abandon des animaux a reçu 1.554 soutiens.

Une aubaine pour les start-up et les entreprises

Ce qui n’empêche pas certaines start-up ou entreprises aux messages loin d’être solidaires de se faire une place sur Daycause. Ce sont d’ailleurs les jeunes pousses qui sont les plus actives sur le site. 56 ont déjà mené une campagne sur la plateforme depuis sa création. Justin Poncet, spécialiste de l’opinion en ligne, reste vigilant sur ces méthodes de communication.

«Les sites de crowdspeaking entrent par le biais associatif pour attirer le public car elle savent que c’est là-dessus que les gens se mobilisent. Une fois qu’elles ont engrangé suffisamment d’utilisateurs grâce aux «feel good stories», elles attirent les entreprises.»

«On ne veut pas être trop restrictifs», justifie de son côté Jean-Patrick Labouyrie. Pas étonnant, donc, de voir le géant des télécommunications, Orange, lancer un message contre la pollution numérique en incitant les internautes à supprimer leurs mails inutiles. Un coup de pub gratuit tout en soignant son image de marque, ça ne mange pas de pain.

Faire valoir ses idées politiques

Le crowdspeaking se profile également comme un outil de communication politique. Cette méthode a «changé la vie» de Caroline de Haas, figure féministe qui tentait de mobiliser le maximum de monde, le 24  novembre 2010, autour de la lutte contre le viol des femmes. «Avant, on faisait ça manuellement. J’envoyais des messages pour que tout le monde relaie notre cause en même temps. Ça demandait beaucoup d’énergie.»

La campagne de cowdspeaking pour le site Macholand.fr, sur Thunderclap. Crédit: Thunderclap

La campagne de cowdspeaking pour le site Macholand.fr, sur Thunderclap. Crédit: Thunderclap

Aujourd’hui, en quelques clics, elle touche des milliers d’internautes. Quand elle utilise Thunderclap pour faire la communication de Macholand.fr, un site qui dénonce le sexisme, elle reçoit 922 soutiens. Sur Daycause, son message invitant à signer la pétition contre la loi travail est partagé plus de mille fois en 24 heures. La pétition finit par obtenir plus d’un million de signatures.

Ce succès est-il directement lié à la campagne de communication participative? Difficile à dire. Pour Caroline de Haas, cette méthode «sert surtout à lancer une initiative. Mais quand une campagne est déjà suivie par un million de personnes, ça ne sert plus à grand-chose».

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Selon Jean-Patrick Labouyrie, le succès d’une campagne dépend des objectifs de ceux qui la lancent. «Le crowdspeaking n’est qu’un moyen, pas une fin. Par exemple, si une start-up récolte de nouveaux fonds pour sa campagne de crowdfunding suite à son action sur Daycause, on en déduira que cela aura porté ses fruits.»

Justin Poncet reste cependant sceptique sur l’efficacité de ce qu’il considère comme du «militantisme du clic». «Ce n’est pas parce que je vais laisser un message sur mon mur Facebook que je vais ensuite donner de l’argent pour cette cause.» Alors, le crowdspeaking, un activisme de façade?