De nombreux Français ont adopté l’économie collaborative. Horizontale, organisée en réseaux et en communautés d’usages, elle attire par ses valeurs de partage et de solidarité. Concrètement, les particuliers pratiquent entre eux le troc, la location et la revente de biens et services. Alors que les entreprises développent des plateformes internet pour faciliter ces échanges directs, les collectivités territoriales, elles, semblent hors du jeu de cette économie alternative.

Le collaboratif n’est pas dans l’ADN des villes

Le think tank La Fabrique écologique révélait en octobre 2014 une étude sur les façons dont les collectivités s’approprient l’économie du partage. Il en ressortait que «les élus ont un rôle de facilitateur à jouer». Maillon essentiel, les mairies peuvent intervenir sous divers aspects. En développant une meilleure communication avec les habitants, les élus pourront mieux répondre à leurs attentes et proposant ainsi des services collaboratifs ciblés. En créant des parkings dédiés au covoiturage ou encore en optimisant des achats groupés entre habitants et commerçants.

«Nous voulions créer un outil qui nous aurait permis de renouer le dialogue avec les usagers pour appréhender leurs besoins en matière de consommation collaborative», souligne Patrick Biette, conseiller municipal de Thomery en Seine-et-Marne, soucieux d’entrer dans le jeu de la société du partage. Mais les municipalités n’ont pas dans leur ADN les atouts du monde collaboratif: une communication bien rôdée, une valeur-ajoutée numérique et surtout l’adhésion populaire.

La solution pour un maillage collaboratif

La solution serait-elle du côté des Bretons? L’ambition de deux entrepreneurs de Dinan est de faire que la ville de demain soit celle du partage. «Par nature, les acteurs de l’économie collaborative ne sont pas les collectivités. Pourtant, elles ont un rôle à jouer dans l’accompagnement des échanges au quotidien», explique David Rouxel, co-fondateur de Mon P’ti Voisinage, premier réseau social de proximité regroupant les offres collaboratives, lancé en 2014.

En complément, la toute nouvelle plateforme Sharing City propose une gamme d’outils et fonctionnalités à destination des collectivités. Le but: créer un canal de communication, rapprocher les habitants et densifier le commerce local. David Rouxel cite un exemple: «Les commerçants d’un village pourront décider d’organiser depuis la plateforme un covoiturage grâce auquel les habitants viendront découvrir leurs produits».

Déjà cinq villes ont tissé un partenariat avec les entrepreneurs bretons. Parmi celles qui prennent part à l’aventure: Thomery. Patrick Biette, conseiller municipal, justifie: «Sharing City et Mon P’ti Voisinage sont des outils pour renouer le dialogue avec les habitants. Grâce à ces relais, nous pourrons tisser un maillage collaboratif à l’échelle locale». Pour Simon Marois, chargé de mission développement durable à la mairie de Dinan, ce partenariat s’incarne dans «une volonté d’être acteur de démarches collaboratives».

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