A table! Il ne manquait plus qu’une expérience culinaire à mon week-end 100% collaboratif du côté de Strasbourg. Après le coavionnage et l’échange de maison, je m’invite chez un certain «Tom» pour dîner, via le site VizEat.

Savoir faire le tri dans les offres

Plus authentique qu’un dîner au restaurant, VizEat permet d’aller manger chez des inconnus qui vous concoctent un menu. Le site a beau compter 155.000 utilisateurs dans plus de 110 pays, à Strasbourg, la sauce peine encore à monter. Je compte 9 annonces contre plus de 210 à Paris. Dans la capitale, on trouve aussi des cours de cuisine avec des chefs, et quelques mauvaises surprises, comme un repas à 42€ avec une quiche lorraine en plat principal… A ce prix-là, je m’attends plus à de la gastronomie de haute voltige.

Tom s'active en cuisine pour nous faire goûter son "bonanza burger". Crédit: A.Bertier/20 Minutes

Tom s'active en cuisine pour nous faire goûter son "bonanza burger". Crédit: A.Bertier/20 Minutes

A Strasbourg, les offres pour un repas complet montent jusqu’à 36€. La proposition de Tom est la moins chère: 18€ pour un apéritif, un plat, un dessert et les boissons. Après avoir échangé avec le cuistot sur le type de burger qui me conviendrait le mieux, j’embarque deux copains dans l’expérience. Très vite, mon pressentiment se confirme: le trentenaire veut monter son propre bar-resto et teste ses recettes grâce à VizEat.

«C’est un bon moyen de me faire un peu d’argent tout en avançant dans mon projet», explique-t-il. Heureusement, il ne compte pas que sur VizEat pour faire goûter son menu. En un an de présence sur la plateforme, Tom n’a reçu des invités que trois fois. «Ça ne marche pas si bien que ça», remarque-t-il.

Quantité et qualité pour 18€

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Tom brasse sa bière lui-même et la fait déguster à ses invités dans l'objectif d'ouvrir un bar restaurant à Strasbourg. Crédit: A.Bertier/20 Minutes

Ambiance atypique dès notre arrivée, Tom nous présente son outil de brassage maison et nous fait goûter une première bière, attentif à nos commentaires. Ce n’est que le début d’une série de cinq bouteilles de 75 cl qui nous accompagneront pendant le repas. Au restaurant, autant dire que ma carte bleue aurait surchauffé... De son côté, Tom rentre dans ses frais. «Une bouteille me coûte en moyenne 40 centimes», indique-t-il.

Loin d’être focalisés sur nos verres et assiettes de qualité, on partage tout au long de la soirée son projet de création de boîte, avec ses aléas. Côté papilles, les petits défauts, comme l’absence de dessert, passent presque inaperçus. «Il se donne et a envie de faire ça bien, ça se sent. C’est vraiment agréable», réagit Jérôme. «Du coup, on est plus indulgent qu’au restaurant», ajoute Luc. Le lendemain de notre soirée, je vois que Tom a augmenté le tarif du dîner de 6€.

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Je n’aurais peut-être pas dû lui faire remarquer qu’il était le moins cher sur le marché des cuistots de VizEat... «Au final, si ces personnes proposent un menu aussi cher qu’au restaurant, ça n’a plus d’intérêt. Au moins, quand les gens viennent chez nous, ils savent qu’ils auront un service professionnel», réagit un restaurateur. Il faut savoir rester modeste quand on est amateur…