Qui ne connait pas quelqu’un qui a déjà eu recours au financement participatif? En 2015, les fonds collectés via des campagnes de crowdfunding ont explosé en France, passant de 152 millions à près de 297 millions d’euros, selon les chiffres de Financement Participatif France. Mais cet engouement ne signifie pas forcément réussite à tous les coups. En moyenne, entre 30 et 50% des campagnes se soldent par un échec. 20 Minutes vous propose quelques pistes pour bien gérer votre projet.

1- Le storytelling

Vous n’en pouvez plus de ce terme, vous l’entendez partout, tout le temps. Et pourtant c’est probablement LA clef d’une campagne réussie.«Pour se lancer dans un projet il faut absolument une belle histoire et l’envie d’embarquer les gens dans son aventure», explique ainsi Margaux Thierrée, responsable du pôle projets d’Ulule.

Oubliez donc les campagnes pour refaire le carrelage de votre terrasse ou pour financer vos prochaines vacances en Bretagne. De toute façon, peu de chance qu’elles soient validées par les plateformes de financement participatif. Ces dernières privilégient en général des projets innovants, créatifs, utiles ou solidaires.

2- Fixer la bonne somme d’argent

Ne soyez pas trop gourmand! Les sites KissKissBankBank, Ulule, Kickstarter (et bien d’autres) fonctionnent le plus souvent sur le principe du «tout ou rien». Autrement dit, si vous n’arrivez pas à atteindre la somme que vous vous êtes fixée, vous ne toucherez rien du tout et vos contributeurs seront intégralement remboursés.

Rappelez-vous également que sur les petits projets, ce sont souvent les premiers cercles (amis, famille) qui donnent le plus. «Il faut vraiment étudier la quantité d’argent choisie. C’est probablement la chose la plus compliquée. Il faut viser une quantité réalisable en fonction de son réseau d’amis et de connaissances», conseille David Torres. Avec la compagnie «La Maison en Papier», ce metteur en scène espagnol a réussi sa collecte pour financer sa pièce de théâtre.

Mieux vaut donc viser plus bas quitte à obtenir plus que la somme fixée au départ. «Les crowdfunders récoltent en général plus que la somme prévue. Le mieux c'est d'intégrer cette variable à son projet, en proposant par exemple de meilleures contreparties ou un projet plus abouti en fonction de la somme finale», explique Charles Babinet, responsable des projets chez KissKissBankBank.

3- S’impliquer au maximum

Qu’on se le dise, l’argent n’arrivera pas par magie dans votre cagnotte. Le financement participatif demande un fort investissement de votre part. De nombreuses plateformes proposent un accompagnement mais il n’empêche: mails à répétition, remerciements après contribution, relances diverses et variées, partage sur les réseaux sociaux, newsletter sur l’avancement du projet: toute la communication autour de votre campagne requiert une organisation rodée. D’ailleurs, les agences de communication l’ont bien compris. Elles sont de plus en plus nombreuses à proposer un accompagnement pour les porteurs de projets, moyennant, par exemple, une commission sur la cagnotte récoltée.

4- Le petit plus: une vidéo originale

Tous vos possibles contributeurs n’auront peut-être pas le temps de parcourir entièrement votre projet détaillé. Un petit avant-goût ou un résumé est donc fortement apprécié. Grosses productions ou réalisations plus modestes, ces vidéos vous permettrons en tout cas de donner un vrai plus à votre campagne.

En charge d’un projet qui doit permettre de reproduire des animaux préhistoriques pour un musée des Landes, Christophe a ainsi fait le pari de se former à la vidéo: «Sur internet, je sais que la majorité des gens ne lisent pas. Une vidéo de deux minutes c’est souvent plus efficace. Et puis ça prouve qu’on est motivé et qu’on s’implique, même si le résultat n’est pas professionnel.».

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5- Ne lâchez pas vos mécènes!

La fin de la campagne rime parfois avec libération pour les crowdfunders. Outre le projet à réaliser, il reste pourtant beaucoup à faire, notamment pour fabriquer ou envoyer les contreparties à vos mécènes. C’est long et ça prend du temps mais ça permet de maintenir le lien avec votre réseau.

Pour Charles Babinet de KissKissBankBank, «il faut communiquer au maximum jusqu'à la réalisation du projet et utiliser par exemple la page de sa collecte comme blog». N’oubliez pas que vos contributeurs sont des personnes qui vous ont donné de l’argent mais aussi leur confiance. D'autant qu'un projet réussi peut ouvrir la porte à d’autres projets. Chez Ulule, en 2015, 10% des campagnes ont ainsi été lancées par d’anciens crowdfunders.