Le co-stockage, ça fait un moment que l’on connaît. Les Amap aussi. La plateforme Dokkito, propose plus ou moins de fusionner les deux pour rapprocher les petits producteurs des consommateurs. La solution, stocker chez des particuliers des produits de longue conservation, comme le «champagne, le vin, le miel, l’huile d’olive et les produits de conserve», liste la co-fondatrice de Dokkito, Mélanie Lemaire.

Ces particuliers, les «dokkiteurs», reçoivent un paiement en nature à hauteur de 5 à 15% du stock écoulé depuis chez eux. La plateforme, quant à elle, perçoit 6% de toutes les transactions. Surtout, cela permet d’offrir aux petits producteurs un moyen d’être présents partout en France.

C’est pour aider ses beaux-parents producteurs de champagne que Mélanie Lemaire a commencé en 2012, avec son mari Benoît, à «stocker des cartons à domicile. Les clients des salons venaient directement pour chercher la marchandise», se souvient la co-fondatrice de la plateforme collaborative. Après plusieurs années de bouche à oreille et une campagne de financement participatif plus tard, Dokkito est né officiellement fin novembre dernier.

Se développer ailleurs

A ce jour, la plateforme compte une douzaine de «dokkiteurs» répartis dans toute la France. Selon Mélanie Lemaire, près de 800 clients ont déjà fait appel à Dokkito pour acheter les produits d’une dizaine de petits producteurs. Parmi eux, Virginie De la Torre s’occupe de la partie commerciale de l’exploitation champenoise Paul Hazard.

Séduite par le concept après que Mélanie Lemaire l’a abordée lors d'un salon, elle s’apprête à envoyer ses premières bouteilles. «Notre objectif est de choisir les régions où nous sommes déjà présents [par le biais de salons] pour répondre à la demande de nos clients», explique-t-elle. A terme, Dokkito pourrait aussi leur servir à s’implanter dans de nouvelles zones géographiques.

Tant que le produit est bon…

Du point de vue du producteur, l’initiative a tout d’un bon plan. «Pour nous, il n’y a pas de risque. On dépose nos bouteilles, si ça marche, tant mieux. Sinon on les récupère», analyse Virginie De la Torre. Quid des «dokkiteurs»? «Je le fais car ça me rapporte mon champagne, mais aussi parce que j’aime leur produit», déclare, loyal, Ernest Stoeckel, dokkiteur à Antibes et ami des Lemaire. Il ne se contente pas de stocker le champagne, à raison de «400 cartons» écoulés annuellement, d’après ses estimations. L’Antibois va aussi faire du zèle et «essaimer au Rotary» par exemple, ou bien le «proposer à des sociétés» qu'il connait, même s’il ne s’agit pas d’une obligation pour les «dokkiteurs».

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Pour l’instant, Mélanie Lemaire réalise toutes les transactions à la main. Mais elle compte se doter d’une «plateforme fonctionnelle» et automatisée dès le début de l’année prochaine. C’est même à cela que vont servir les fonds réunis par financement participatif. Qui sait, dans quelques mois, vous aussi vous pourriez faire vos courses chez votre voisin.