Comment des passionnés de vélo m’ont hébergée gratuitement

ma vie écoco J’ai pris une leçon d’humanité avec Warmshowers, réseau d’hébergement entre cyclotouristes…   

Adèle Bertier

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Deux couples inscrits sur Warmshowers m'ont accueilli chez eux lors d'un voyage à vélo.
Deux couples inscrits sur Warmshowers m'ont accueilli chez eux lors d'un voyage à vélo. — OT Gréoux/Château- Laval/Flickr

En grande fan de vélo, il fallait bien que je teste Warmshowers.org au cours de mon expérience «100% économie collaborative». Le principe? Les membres de ce réseau sont tous férus de vélo, et s’hébergent gratuitement. En s’appuyant sur cette communauté solidaire, Warmshowers semble avoir visé juste. Rien qu’en France, le site répertorie 14.798 utilisateurs.


Cette association américaine fonctionne grâce aux dons des utilisateurs et ne compte qu’un seul salarié, dont le rôle est d’améliorer l’ergonomie de la plateforme et de l’application, et de répondre aux demandes des internautes. Le reste fonctionne «tout seul»: pour avoir accès aux profils des personnes qui peuvent nous accueillir, il faut créer son propre compte et accepter de recevoir des cyclotouristes. «C’est comme ça que la communauté grandit depuis des années», indique Warmshowers. Trois clics pour m’inscrire et quelques dizaines de kilomètres plus tard, je consulte pour la première fois l’application mobile, à proximité de Laval, ville d’à peine 51.000 habitants. Et là, surprise: une dizaine de personnes proposent un hébergement.

Eric accepte de nous accueillir le soir-même. «On fera en sorte de préparer un plus grand plat ce soir.» En débarquant chez lui, nous avons vite l’impression de faire partie de la famille. Apéritif au soleil, repas et couchage dans la chambre de l’ado absent… Eric nous précise plusieurs fois de faire «comme chez nous», et se lance même dans une mission réparation du garde-boue de mon vélo.

«On sait qu’on va tout de suite parler de vélo, c’est plus facile pour accrocher»

C’est la deuxième fois que ce dingue de VTT accueille des cyclistes chez lui. Contrairement à Airbnb, dont la famille d’Eric n’est pas vraiment adepte, la vraie plus-value de ce réseau est la relation qui se crée entre les hôtes et leurs invités. «La première fois, c’était une Belge de 60 ans, vraiment passionnante, qui voyageait seule. Je ne travaillais pas le lendemain donc j’en ai profité pour faire un bout de chemin avec elle.» Cet engouement pour le vélo partagé par tous les membres de la communauté est précisément ce qui distingue Warmshowers de Couchsurfing. «C’est beaucoup plus sympa de se rencontrer entre cyclistes, on sait qu’on va tout de suite parler de vélo. C’est plus facile pour accrocher», explique Eric.

Patrice et Anne-Lise, passionnés de vélo, accueillent des cyclotouristes chez eux via Warmshowers.org. Crédits: P.Bohmert
Patrice et Anne-Lise, passionnés de vélo, accueillent des cyclotouristes chez eux via Warmshowers.org. Crédits: P.Bohmert

Cela se vérifie à Niort, quelques jours plus tard, alors que nous arrivons à 19h30, épuisés après plus de 90 km à pédaler, et sans plan pour la nuit. Anne-Lise nous sauve: «On allait manger, on vous attend.» Un quart d’heure plus tard, nous sommes attablés dans le jardin derrière la maison. Patrice embraye directement sur son rôle de président d’une association de promotion du vélo. «Accueillir des cyclotouristes, c’est naturel pour nous. Mais on aime rencontrer des vrais passionnés. Parfois, il y a des gens qui s’inscrivent sur Warmshowers uniquement parce qu’ils font un weekend vélo une fois dans l’année», confient-ils. Les commentaires élogieux fusent sur leur profil comme sur le livre d’or qui trône sur la table du salon. On l’enrichit de nos remerciements avant de reprendre la route en leur compagnie pour les premiers kilomètres. Verdict: Warmshowers n’est pas une simple «douche chaude», mais une véritable leçon de chaleur humaine.