Cinq applis à découvrir pour lutter contre le gaspillage alimentaire

consommation Manger mieux, moins cher, tout en protégeant la planète, c’est désormais possible…

Julien Valnier

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En géolocalisant les commerçants disposant d'invendus, l'appli Too Good To Go permet de lutter contre le gaspillage.
En géolocalisant les commerçants disposant d'invendus, l'appli Too Good To Go permet de lutter contre le gaspillage. — Too Good To Go

Trois euros la boîte de douze sushis, un euro le sandwich. Non, ces prix ne sont pas ceux d’un hard-discount mais ceux que l’on peut dénicher avec Optimiam, Too Good To go ou l’une des nombreuses autres applis anti-gaspi apparues ces dernières années en France.

Leur concept? Permettre aux consommateurs d’acheter les invendus des commerçants à petit prix plutôt que de les voir finir à la poubelle. Un marché en pleine croissance mais qui reste encore très modeste face à l’ampleur du gaspillage alimentaire en France.

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Selon une récente étude de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), celui-ci représente en effet 10 millions de tonnes par an. Une montagne de nourriture jetée dont le secteur de la distribution est responsable à hauteur de 1.400.000 tonnes chaque année.

OptiMiam: la plus populaire

«Il y a une réelle envie du grand public de réduire ce gâchis. Acheter des produits à date n’a plus rien de dégradant», estime Alexandre Bellage, cofondateur d’Optimiam. Lancée en 2014, cette application -qui a remporté notre concours de start-up 2015- rassemble aujourd’hui 80.000 utilisateurs et 330 points de vente partenaires. Son principe? Permettre aux commerçants de vendre à temps grâce à un système de promotions pouvant aller jusqu’à 60% du prix de base. «Quand un boulanger a par exemple des croissants en trop, il en notifie les utilisateurs de l’application et ceux-ci retrouvent son commerce grâce à la géolocalisation.»

Ensuite, c’est «premier arrivé, premier servi»: le consommateur n’a plus qu’à payer le commerçant et valider la transaction sur l’appli. «En plus de leur apporter des revenus supplémentaires, c’est aussi l’occasion pour les entreprises de rencontrer de nouveaux clients et de rendre leur image plus éco-responsable», assure le jeune entrepreneur.

Too Good To Go: la petite dernière

Un modèle que l’on retrouve chez Too Good To Go. Beaucoup plus récente, cette application a été lancée en juin dernier et a déjà attiré plus de 20.000 utilisateurs en France. «Au lieu de fonctionner par promotions sur des produits spécifiques comme Optimiam, nous proposons des paniers-surprise que les clients peuvent venir chercher à la fermeture des magasins», explique Lucie Basch, sa fondatrice. Ceux-ci sont vendus à des tarifs avantageux: 8€ au lieu de 18 pour un assortiment de pâtisseries sans gluten, ou 4€ pour une cagette de fruits et légumes dans un supermarché.

L’application s’ouvre aussi aux hôtels et aux traiteurs événementiels: «Un domaine où il y a énormément de gâchis. Ça offre la possibilité de s’offrir un brunch pour trois fois rien», assure Lucie Basch. Seule limite de l’appli: celle-ci fonctionne uniquement sur Paris et Lille. Un problème que l’équipe de Too Good To Go entend résoudre grâce à une campagne de financement participatif actuellement en cours.

Zéro-Gâchis: pour trouver les bons plans au supermarché

Autre possibilité: traquer les réductions sur les produits à date dans les magasins. C’est ce que propose Zéro-Gâchis avec son application qui répertorie plus de 100 supermarchés en France, en Belgique et en Espagne. «Tous les magasins d’une même enseigne ne pratiquent pas ce genre de promotion et en général c’est fait de façon assez artisanale», explique Paul-Adrien Menez, son fondateur.

Afin de faciliter l’achat de produits à date, la start-up propose aux supermarchés des gondoles à ses couleurs pour les mettre en avant. Une solution intéressante car les stocks de produits à date s’écoulent ainsi à 95%, contre 70% en temps normal. De plus Zéro-Gâchis utilise des étiquettes intelligentes pour mieux gérer ce stock. «Chaque mois, on évite ainsi que 100 tonnes de nourriture partent à la poubelle et on permet aux consommateurs d’économiser près de 600.000€.»

What the food: pour ne rien jeter à la cantine

Et pour combattre le gâchis à la cantine? Là aussi, il existe une application. Créée par des étudiants avec le soutien de Makesense, l’appli What the food entend réduire à la source le gaspillage. «Nous avons identifié deux sources de gâchis: les files d’attente qui ne laissent plus assez de temps pour manger et le manque de communication entre étudiants et cuisiniers sur le choix des menus», explique Caroline Delboy, coordinatrice du projet.

Pour lutter sur ces deux tableaux, l’appli What the Food permet aux étudiants de connaître les horaires d’affluence ainsi que de noter les menus afin d’en informer le cuisinier. Une initiative qui n’est cependant disponible que dans trois restos U parisiens: la Halle aux Farines, le Censier et Dauphine. «Si l’expérience est concluante, elle sera bientôt étendue à tous les Crous!»

Partage ton frigo: le Bon Coin de la nourriture

Enfin, s’il vous reste quelques bananes ou un paquet de jambon dans le frigo au moment de partir en week-end, vous pourrez les donner dès cet automne grâce à l’application Partage ton frigo. «Notre idée c’est de devenir le Bon Coin de la nourriture», assure Sébastien Leflond, l’un des fondateurs de l’association derrière cette appli. «C’est très pratique en cas de surplus, par exemple si votre arbre fruitier produit trop pour votre propre consommation.»

De plus, l’application permet aussi de gérer des frigos collectifs, par exemple dans une entreprise ou un immeuble. Il suffit de prendre en photo ce que l’on offre et de le poster sur la plateforme pour prévenir ses voisins ou ses collègues. Une occasion de se rencontrer et de créer du lien social tout en protégeant la planète. Qui dit mieux?