Corentin de Chatelperron, l’aventurier de l'open-source

Portrait A bord du catamaran «Nomade des Mers», l''ingénieur breton fait le tour du monde des inventions citoyennes...

Julien Valnier

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Corentin de Chatelperron et ses amis à bord du Nomade des mers.
Corentin de Chatelperron et ses amis à bord du Nomade des mers. — Gold of Bengal

Pour Corentin de Chatelperron, la vraie vie n’est pas dans un bureau, mais sur le pont d’un bateau. A 31 ans, le jeune ingénieur breton mène une nouvelle traversée des océans sur un navire entièrement équipé de technologies open-source, c'est-à-dire développées par une communauté de citoyens et publiées librement sur Internet.

Parti de Concarneau le 16 février dernier, l’équipage du Nomade des Mers a entamé un tour du monde de trois ans avec pour mission de faire connaitre ces inventions et d’en découvrir d’autres.

Bricoleur humaniste

«Avec ce voyage, nous souhaitons démontrer la pertinence des low techs.» Des technologies écologiques et facilement réalisables qui ont le seul défaut de ne pas attirer les investisseurs. «Alors qu’un tiers de l'humanité n'a pas accès à l'eau potable, un milliard souffre de la faim et autant de personnes n'ont pas accès à l'électricité», se désole Corentin.

Pourtant les solutions ne manquent pas. Dans le monde entier, bricoleurs et inventeurs du dimanche mettent au point de nouvelles technologies: charbon «vert» fait de déchets agricoles, réchaud à bois à gazéification, culture hydroponique sur fibre de coco ou déssalinisateur solaire…

Tour du monde des Low Techs

Autant d’inventions qui sont testées et optimisées sur le navire Nomade des mers. Un catamaran de plaisance de 13.5 mètres que Corentin et les autres membres de l’association Gold of Bengal ont entièrement reconstruit à la façon du  bateau de Kevin Costner dans le film Waterworld.

«Nos déchets organiques sont par exemple traités par un lombricomposteur dont le jus est filtré par des champignons avant de nourrir les plantes de la serre», explique l’ingénieur. En toute simplicité!

Partage de connaissances

«A chaque escale, nous améliorons nos systèmes avec l’aide des inventeurs locaux. Après avoir développé un dessalinisateur en terre cuite au Maroc, nous avons fabriqué des éoliennes à 5 euros avec les makers du Sénégal, appris les bases de l’hydroponie au Cap Vert et construit des machines pour recycler le plastique au Brésil.»

Des connaissances que l’équipage met aussi à disposition de tous sur la plateforme Lowtechlab.org, à laquelle contribue un millier d’internautes et 50 organismes de recherche. «Notre but, c’est de devenir la Nasa des low techs», glisse Corentin en souriant.