La licorne française BlaBlaCar se pose

Stratégie Après avoir converti 22 pays au covoiturage, le leader français fait une pause dans son expansion…

Juliette Bonneau

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BlaBlaCar revendique 25 millions de membres dans le monde.
BlaBlaCar revendique 25 millions de membres dans le monde. — SOLAL/SIPA

Un passage au payant réussi en 2011, une levée de fonds record de 200 millions de dollars en 2015, le leader du covoiturage est aujourd’hui à un tournant de son existence. Présente dans 22 pays, la start-up française veut désormais se concentrer sur la consolidation de son marché.

Dans ses nouveaux locaux de la rue Richelieu, rien ne laisse pourtant présager d’une accalmie. Installés depuis mars dans 10.000 mètres carrés en plein cœur de Paris, les équipes de BlaBlaCar planchent chaque jour sur de nouvelles fonctionnalités. «Nos effectifs ont quasiment doublé tous les ans depuis notre création», précise Kevin Deniau, attaché de presse. Aux 350 employés à Paris s’ajoutent désormais les 200 salariés de l’entreprise à l’étranger. Depuis sa naissance, la «licorne» française s’est en effet installée dans 22 pays. Dernière création «d’antenne» en date: le Brésil en décembre et la République Tchèque et la Slovaquie en janvier dernier.

L’heure de la stabilisation

«Pour l’instant, on verra pour d’autres pays en 2017», explique Laure Wagner, porte-parole de l’entreprise. Après une année 2015 placée sous le signe de l’expansion internationale, BlaBlaCar souhaite se concentrer sur la consolidation de son image et travailler sa stratégie marketing. «Désormais, il faut augmenter la taille de la communauté dans les pays où nous sommes installés», précise Laure Wagner.

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Chaque semaine, les employés de la société à l’étranger font ainsi part de leurs retours lors de «call de partage d’expériences». Depuis Milan, en Italie, Silvia présente la longue liste des médias et des événements qui ont «relayé» la marque BlaBlaCar. Sur l’écran de visio-conférence, son power point indique sobrement «10 articles». La relation de la marque avec les médias est plus que jamais primordiale. Et pour cause.

Toujours à la recherche de la rentabilité

Pour arriver à imposer son monopole sur le marché français du covoiturage, la start-up a dû investir. Beaucoup. Moteur de recherche, gestion d’un inventaire de sièges, profils détaillés et une «machine learning», autrement dit, un logiciel capable de modérer les commentaires, photos et messages des usagers. Pour rentabiliser ces investissements, l’entreprise affirme avoir dû faire des «économies d’échelle». Autrement dit, sa stratégie d’expansion à l’international était vitale. «Tout le travail effectué ne peut être rentabilisé qu’en ayant des millions de membres», assure Laure Wagner.

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Or, dix ans après sa création, l’entreprise n’est toujours pas rentable. Sa levée de fonds record de 200 millions de dollars lui permet de continuer à investir dans l’attente du passage au service payant des nouveaux entrants dans la communauté BlaBlaCar. Pour l’instant, seuls 6 pays (France, Espagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Portugal) sont passés au système des commissions. D’autres devraient bientôt les suivre. La Russie, convertie depuis peu au covoiturage, offre notamment de belles perspectives d’avenir.