Ces passants trouvent leur bonheur dans une boîte

partage L’association Cap ou pas cap espère multiplier les boîtes à dons à Paris, à l’image de Lyon qui en compte une quarantaine...

Adèle Bertier

— 

La trouvaille du jour de Fatoumata: un parapluie neuf.
La trouvaille du jour de Fatoumata: un parapluie neuf. — A. Bertier/20 Minutes

La place Félix Eboué, à Paris, est un peu le QG de Fatoumata Kourouma. Ce vendredi, la trentenaire récupère un parapluie en parfait état dans une cabane en bois de récupération. Il y a un an, c’était une robe de mariée. «Je m’en rappellerai toujours, je l’ai donnée à ma sœur, il y avait même les chaussures qui allaient avec!» Fatoumata, habitante de Montreuil, se rend tous les deux jours devant la boîte à dons du 12e arrondissement de Paris. Elle espère à chaque fois dénicher une pépite dans les cases où chacun peut se servir. On y trouve vêtements, jouets, livres ou lunettes… La dernière trouvaille de Fatoumata: une imprimante.

Développement timide à Paris

L’association locale Cap ou pas cap, après plusieurs semaines de chantiers avec des bénévoles du quartier, a installé cette boîte à dons en septembre 2016. «On s’est appuyés sur le concept des boîtes à livres qui existaient à Bordeaux, explique Jean-Christophe Taghavi, cofondateur de Cap ou pas cap. A Lyon, il existe déjà une quarantaine de boites à dons.»

La boîte à dons de la place Félix Eboué, à Paris, est en place depuis septembre 2016.
La boîte à dons de la place Félix Eboué, à Paris, est en place depuis septembre 2016.

L’essor est encore timide à Paris. En septembre 2015, Cap ou pas cap créé la première boîte à dons sur une place publique. «Les gens nous disaient, c’est bien ce que vous faites, mais c’est moche, s’amuse Clément, membre de l’association. Il fallait que ce soit plus esthétique.» C’est le cas depuis que des architectes ont planché sur la question.

12 boîtes à dons dans le 12e

Clémentine, une habitante du quartier, vient régulièrement échanger des bouquins. Aujourd’hui, elle repart avec Coule la Seine, de Fred Vargas. Les pages sont un peu jaunies mais le livre peut s’accorder une seconde vie. «La seule règle est que les objets déposés soient utilisables», explique Clément.

Difficile d’évaluer le nombre de personnes qui circulent quotidiennement sur le lieu. Mais le public de curieux est varié. «Il y a des personnes aisées qui donnent des objets, certaines qui sont en transition personnelle et cherchent à récupérer au lieu d’acheter neuf. D’autres encore sont précaires», résume Jean-Christophe.

Quand la boite à dons délivre des messages politiques...
Quand la boite à dons délivre des messages politiques...

Fin février, Cap ou pas cap a déposé une demande de financement de 60.000 euros sur le site du budget participatif de la ville pour installer douze boîtes à dons dans le 12e arrondissement. En attendant, une «boîte mobile» conçue par des architectes bénévoles sera inaugurée le 25 mars sur la place Félix Eboué pour tester le dispositif dans les lieux en questions (social bar de la rue Villiot, foyer de jeunes travailleurs, résidence étudiante, centre d’hébergement…) Objectif: «voir si les gens adhèrent au projet et les inciter à voter en septembre», explique Manon, designer d’espace pour Cap ou pas cap. La jeune femme s’attelle en ce moment à un mode d’emploi pour permettre aux citoyens de fabriquer eux-mêmes leur boîte, sans l’appui d’associations. «Il suffira juste de savoir bricoler un peu», assure-t-elle.