L'appli qui permet de rencontrer ses collègues grâce aux livres

livres Ton Book Too ambitionne de créer du lien social entre salariés grâce à l’échange de bouquins...

Adèle Bertier

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TonBookToo est une nouvelle application de prêt, de don ou d'achat de livres entre particuliers.
TonBookToo est une nouvelle application de prêt, de don ou d'achat de livres entre particuliers. — Quattrostagioni/CC Flickr

Comment les start-up de l’économie collaborative peuvent-elles favoriser le bien-être au travail? Valentine Dubot, cofondatrice de Ton Book Too, pense avoir trouvé une réponse. Son application d’échange de livres entre particuliers sera disponible dès le mercredi 31 mai sur iOS et Android.

En octobre, les grandes entreprises auront accès à un portail dédié pour que les salariés s'échangent des bouquins. Aujourd'hui, cinq sociétés de plus de 150 personnes ont déjà pré-commandé des abonnements sur Ton Book Too. «Dans une tour comme Total à la Défense, personne ne se connaît, contrairement à une petite PME. Le livre est un prétexte pour que les gens se rencontrent», lance Valentine. Les entreprises intéressées par le concept bénéficieront d’un tarif à négocier avec la start-up.

«Je croise des gens dans l’ascenseur mais je ne les connais pas»

Encore faut-il que lesdites sociétés aient envie de mettre en place ce type de dispositif, qui, en plus d’être payant, paraît moins attrayant sur le papier que les soirées d’entreprises régulièrement organisées dans les grandes boites pour fédérer les salariés. «C’est sûr que le bouquin a un côté moins fun que ce genre d’événement, reconnaît Philippe Laurent, spécialiste du bonheur au travail. C’est plus confidentiel, plus intime. Mais ça peut venir en complément.»

Ton Book Too s'intéresse aux grandes entreprises pour permettre aux salariés de mieux se connaître grâce au livre. Crédit: Ton Book Too
Ton Book Too s'intéresse aux grandes entreprises pour permettre aux salariés de mieux se connaître grâce au livre. Crédit: Ton Book Too

Pour que le livre permette de rencontrer vraiment ses collègues, il est indispensable que cela ne devienne pas un simple troc ou «Le Bon coin du bouquin», selon Philippe Laurent. «Il faut échanger sur le livre et non pas simplement échanger un livre, avance le spécialiste. Dans l’idéal, l’idée serait d’organiser un espace où les utilisateurs de l’application se retrouvent  pour parler de l’ouvrage, que celui qui le propose explique pourquoi il l’a adoré, etc. Il ne faut pas oublier qu’une des conditions au bonheur en entreprise est le partage des émotions entre salariés.»

Ces grands groupes où le lien social est quasi-inexistant entre les services, Alexandre Aumaitre en sait quelque chose. Il travaille, comme plusieurs centaines de salariés, pour la SNCF à La Défense (92). Alexandre utilise, depuis un peu plus d’un an, l’application BooxUp, qui permet d’échanger ou d’acheter des bouquins d’autres utilisateurs. Il fait partie du groupe SNCF qui s’est créé à l’initiative des utilisateurs salariés de l’entreprise. «Au travail, je croise des gens dans l’ascenseur mais je ne les connais pas. S’échanger des livres me permet de faire des rencontres.» A ce jour, Alexandre a récupéré «entre 10 et 15 livres» et garde des contacts avec les lecteurs du groupe. Mais l’application est loin d’être prise d’assaut. «Ça reste un petit club», remarque Alexandre.

Les applications peinent à convaincre

Paradoxalement, le livre a beau faire partie du top des ventes d’occasion en ligne, les start-up de l’économie collaborative peinent à s’emparer de ce segment avec succès. David Mennesson, cofondateur de BooxUp, avoue que son application «n’a jamais vraiment décollé» malgré «l’énorme capital sympathie» manifesté par les médias au lancement du concept. Mais cela pourrait changer: l’application aux 20.000 utilisateurs est en discussion avec Wavestone, un grand groupe de conseil à La Défense (là encore), issu de la fusion de deux entreprises. «Ils veulent organiser des échanges de livres entre salariés, notamment ceux des deux entreprises qui fusionnent pour qu’ils apprennent à se connaître.»

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David Mennesson reste globalement prudent quant au succès que peuvent rencontrer les applications d’échange ou d’achat de livres, même avec les meilleures intentions du monde. «Je souhaite beaucoup de courage à Ton Book Too», lâche-t-il. Il en faudra plus que ça pour décourager Valentine Dubot. «Les gens se sont bien abonnés à Deezer ou iTunes. Ils s’abonneront aussi à Ton Book Too!»