Makeathon: le marathon de l’innovation made in France

Innovation 13 projets open source ont été sélectionnés pour participer à un makeathon...

Juliette Bonneau

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Candidat du makeathon, Nicolas (à gauche) travaille sur son prototype de skate enroulable.
Candidat du makeathon, Nicolas (à gauche) travaille sur son prototype de skate enroulable. — J. Bonneau/20 Minutes

Un chargeur de piles non rechargeables, un skate enroulable, un microscope qui fonctionne grâce à un smartphone…Qui a dit que la France n’innovait plus? A voir l’effervescence qui régnait vendredi 17 juin dans les locaux du Fablab Woma, à Paris, même les plus défaitistes auraient changé d’avis.

«Pendant les 3 jours du makeathon, nous allons accompagner les candidats sur un prototypage rapide pour qu’ils puissent concrétiser leurs idées», explique Lena Petit, chargée de communication du concours de makers Make it happen. Pour cela, les apprentis inventeurs peuvent compter sur le matériel et l’expérience du Woma, qui met à leur disposition imprimantes 3D et découpe laser.

«On a été surpris par la qualité et l’avancement des projets que nous avons reçu», confie Minh Man Nguyen, confondateur du Woma et organisateur de l’événement. Sur les 167 projets soumis, 13 ont finalement été retenus. «On a choisi les objets en fonction de leur faisabilité technique, de leur aspect innovant ou encore de leur impact social», précise-t-il.

A l’issue de ce makeathon de 3 jours, les inventeurs 2.0 bénéficieront tout l’été du matériel du Woma pour finaliser leur projet avant de lancer leur campagne de crowdfunding avec le partenariat d’Ulule et du détecteur d’innovation Soon Soon Soon.

Chargeur de piles non rechargeables et berceau open source

A l’intérieur des locaux de la rue Léon Giraud, les candidats dévoilent leurs projets, power point et prototypes à l’appui. Parmi eux, des designers, des architectes mais aussi des amateurs et un lycéen. A 15 ans, Mokhtar Bacha fait office de benjamin de ce makeathon avec son «microscope nouvelle génération» qui fonctionne avec l’aide d’un Smartphone.

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Pour fabriquer ce microscope, l’élève en seconde générale a eu besoin «d’une plaque de plexiglass, d’une lentille et deux pinces à linge». Comment fonctionne-t-il? Une lentille est installée au-dessus de l’échantillon à analyser et illuminée par une LED. Il suffit ensuite de placer le smartphone sur la lentille et l’image de l’échantillon grossie 10 fois, s’affiche sur le téléphone.

Mokhtar et son microscope nouvelle génération/20 Minutes
Mokhtar et son microscope nouvelle génération/20 Minutes

«A terme cela pourrait servir aux médecins lors de missions humanitaires. Avec une lentille plus puissante, on pourrait détecter le paludisme en quelques minutes», s’enthousiasme le lycéen, qui affirme avoir «un carnet entier rempli d’autres idées».

Si le prototype de Mokhtar mérite encore d’être amélioré, certains projets sont déjà bien aboutis. «Je voudrais développer mon produit, savoir comment toucher le grand public, les fabricants de meubles», confie Philippe Caron, 37 ans. Cet architecte d’intérieur a inventé un «kit pour fabriquer son berceau open source».

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«Quand j’ai eu mon premier enfant, j’ai cherché un berceau. Je voulais une forme originale mais il n’y avait rien en dessous de 5.000 euros», raconte-t-il. D’où l’idée de permettre aux parents de fabriquer eux-mêmes leur berceau.

«Ce sont 5 pièces qui s’emboîtent les unes aux autres sans qu’on ait besoin de vis ou de boulons. C’est simple, solide et custumisable par tous les parents», précise-t-il.

Philippe a inventé un kit pour créer et monter son berceau open source /20 Minutes
Philippe a inventé un kit pour créer et monter son berceau open source /20 Minutes

72 heures de création collaborative

«Le but de ce makeathon, c’est qu’en 48h, tous les projets aient pris une autre dimension», explique Minh Man Nguyen. Pour y parvenir, des industriels, des experts en communication ou en protection de la propriété intellectuelle sont venus apporteur leur expertise.

Designer et membre du Fablab Volumes, Aruna Ratnayake est en pleine discussion avec Nicolas. A 34 ans, cet audioprothésiste, fan de glisse, a imaginé un skate en bois enroulable. «Je ne vais pas te mentir, c’est vrai que c’est impressionnant, mais il y a trop de contraintes techniques», explique le designer, qui conseille finalement à Nicolas de s’en tenir à une version pliable.

Designer de formation, Aruna donne des conseils à Nicolas pour passer à l'étape de fabrication/20 Minutes
Designer de formation, Aruna donne des conseils à Nicolas pour passer à l'étape de fabrication/20 Minutes

« Ce qu’on explique, c’est qu’un produit ce n’est pas qu’une idée, il y a plein de contraintes: la structure, le coût, la fonctionnalité, le besoin sur le marché», confie-t-il.

Sur la table d’à côté, Romain, Maxime et Thomas sont plutôt satisfaits. Leur chargeur pour régénérer les piles alcalines (habituellement jetables) a rencontré un franc succès. «On nous a dit de réfléchir au design et aux options qu’on pourrait ajouter. Par exemple envoyer un texto lorsque les piles sont rechargées», détaille Thomas.

Les trois apprentis makers pourront tester la popularité de leur chargeur dimanche 19 Juin. Le Woma ouvre en effet ses portes aux grand public. «L’objectif c’est que les gens viennent voir et testent les produits. Ça permet de confronter les makers aux consommateurs», explique Minh Man Nguyen. Et de s'assurer que leurs prototypes ne finiront pas au fond d'un carton.