Tout ce qu'il faut savoir sur l’autopartage

CONSEIL Louer des voitures entre particuliers: un procédé qui carbure. Des conditions de location à la rentabilité, voici ce qu’il faut retenir…

Clémence Chopin

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Embrayer vers l’autopartage, ce n’est pas toujours évident. Drivy, Koolicar, Ouicar... De plus en plus de sites mettent en relation les propriétaires, désireux de louer leur auto, avec ceux qui veulent en disposer pour quelques heures ou quelques jours. Pour les loueurs et locataires, qui se posent des questions avant de se lancer, la rédaction de 20 Minutes rappelle ce qu’il faut savoir sur l’autopartage.

Les conditions de location

Mettre en location une voiture sur une plateforme d’autopartage, c’est s’attacher à respecter certaines conditions.

Premier point: l’état du véhicule. Il doit être à jour du contrôle technique et être assuré à l’année. Le fondateur de Koolicar, Stéphane Savouré, précise que pour faire partie de la communauté, «le véhicule de location ne doit pas être âgé de plus de 8 ans et doit être en parfait état mécanique.» A noter que le propriétaire de l’automobile ne peut pas soumettre son véhicule de fonction, la carte grise devant être à son nom propre.

De son côté, comme pour tout service de location classique, le locataire doit avoir plus de 21 ans et disposer d’un permis de conduire français depuis au moins deux ans.

Les conditions de réception et restitution

Imprimer un contrat de location et le remplir ensemble, faire l’état des lieux, remettre les documents du véhicule, calculer le kilométrage… Toutes ces obligations sont les mêmes que chez un loueur professionnel. Pour se dégager de ces contraintes, il est possible de passer par Koolicar, société d’autopartage sans échange de clé. La KoolBox, un boîtier électronique embarqué dans la voiture, agrège toutes ces informations dans son système et les utilisateurs louent le véhicule à l’aide d’un badge numérique.

Les services d’autopartage différent aussi des agences de location traditionnelles. Alors que communément, il faut récupérer et ramener le véhicule, parfois dans des zones éloignées des centres villes, selon des horaires précises, la location entre particuliers affiche sa flexibilité. «Propriétaire et locataire se mettent d’accord sur le lieu de retour à l’heure qui les arrange», explique Camille Henry, de la société de location de véhicules entre particuliers Drivy. Chez l’un ou chez l’autre, et même à mi-chemin.

Marion Carrette, fondatrice de Ouicar, se fend d'une anecdote: «Un propriétaire, qui sortait d’un train, a récupéré sa voiture devant la gare où l’attendait le locataire. Pour le remercier, il en a profité pour le raccompagner près de chez lui». Toutefois, Stéphane Savouré, fondateur de Koolicar, avertit: «Dans 95% des cas, le propriétaire veut récupérer sa voiture là elle était garée».

Une assurance tous risques

Louer son auto à un inconnu, c’est tout de même osé! Qu’en est-il en cas d’accident, panne ou vol de véhicules? Les plateformes de location de voitures entre particuliers ont très rapidement pris conscience de ces enjeux. Et ont donc noué des partenariats avec des grands groupes assurantiels.

Selon la Fédération française des sociétés d’assurance, elles proposent le plus souvent une assurance dommages tous accidents. Sans oublier l’assistance routière 24h/24 et 7j/7.

En cas de vol ou de dommage, c'est l'assurance souscrite par la plateforme de location pair-à-pair qui entre en jeu. Le propriétaire est protégé à 100% et conserve donc ses bonus. Côté locataire, quand bien même son assurance serait différente de celle de la plateforme, il n’y rien à craindre puisqu’elle se substitue à celle du propriétaire. En cas d'infraction, le contrat de location apporte la preuve du conducteur responsable. Le propriétaire ne perd pas ses points de permis de conduire et ne paye pas l'amende.

Est-ce bien rentable?

Le discours est bien huilé. Louer sa voiture, c'est la possibilité d'obtenir un revenu complémentaire pour le propriétaire, qui espère rentrer dans ses frais. Mais selon une étude révélée par deux étudiants de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae), ce serait un écran de fumée.

A partir des données publiques de plateformes comme Drivy et OuiCar, l'étude montre ainsi que plus d'un véhicule sur deux n'a jamais été loué et n'a donc jamais rien rapporté à son propriétaire. Seulement, 2% des véhicules présents sur ces sites d'annonces permettent à leurs propriétaires d'obtenir un complément de revenu.

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