Cinq choses à savoir sur le co-camionnage

Découverte Depuis peu, le co-camionnage permet de partager un trajet dans un poids lourd...

Benjamin Benoit

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Le cocamionnage propose de découvrir la route autrement.
Le cocamionnage propose de découvrir la route autrement. — R. Mitra/Flickr

Actif depuis la mi-septembre, le site WeTruck tente d’implanter la pratique du cocamionnage en France. Le principe est exactement le même que celui du covoiturage, la différence c’est qu’au lieu d’être assis dans une berline ou une citadine, vous voyagez à l’avant d’un 30 tonnes. Petit tour d’horizon de ce que permet ce nouveau moyen de transport collaboratif.

Voyager vers des destinations souvent mal desservies  

Les départs des chauffeurs routiers se font souvent soit depuis leur entreprise, soit depuis leurs zones de chargement, rarement en plein centre-ville. Selon Sandrine Maucœur, adjointe de direction dans une entreprise de transport basée près d’Angoulême, cela permet de proposer des trajets différents du covoiturage. «Nos chauffeurs passent à proximité de l’aéroport de Mérignac, de Poitiers, de Tours. On dessert aussi pas mal de zones rurales au niveau de la Charente», explique-t-elle.

Etre prêt à partir tôt ou très tard

Certains voyages en camion ont lieu en horaires décalés. «Le dimanche soir, les départs se font à partir de 22 heures car on n’a pas le droit de circuler le dimanche, explique Sandrine Maucœur. On a même eu le cas d’une passagère qui est venue pour un départ à deux heures du matin.» De fait, sur le site les horaires sont très variables. Selon Victor Clément, le fondateur de WeTruck, «on peut être complémentaires par rapport à l’offre des trains en région qui ne circulent pas la nuit.»

Faire  évoluer son regard sur le monde des routiers

Cécile, qui habite dans l’Eure, a utilisé le cocamionnage fin août pour se rendre à Caen. Elle a profité du trajet pour discuter avec son chauffeur. «Nous avons échangé sur le comportement de chacun sur la route, mais aussi sur son métier» raconte Cécile. «Les transporteurs s’inscrivent aussi à notre site pour améliorer leur image», poursuit Victor Clément.

Avoir de la place pour soi-même et ses bagages

Les cabines de camions sont en général assez spacieuses, ce que confirme Cécile: «Le siège est fait pour passer de longues heures à rouler, je pouvais étendre mes jambes, poser mon sac sans problème.» Certains camions peuvent même embarquer votre vélo ou des bagages volumineux, ce que permet rarement le covoiturage. En revanche, pas question de s’allonger sur la couchette aménagée pendant le trajet pour faire une petite sieste, «c’est totalement interdit», précise Sandrine Maucœur.

Un prix très accessible

Le prix du voyage est fixé à 5 centimes par kilomètre. Un tarif abordable pour Cécile. «J’habite à 15 minutes de la gare de Bernay (Eure), explique-t-elle, mais j’avais un camion qui passait à 5 minutes de chez moi, et qui a pu m’emmener à Caen où il m’a déposée devant un arrêt de tramway. J’ai payé 5€ pour le voyage qui a duré un peu plus d’une heure.»

Si Cécile avait pris le train, le billet lui aurait coûté près de 15€. Seul inconvénient de son cocamionnage: le lieu de départ. N’étant pas desservi par un transport en commun, elle a utilisé sa voiture pour s’y rendre. «Si mon compagnon n’avait pas été là, j’aurais dû prendre le voyage retour en camion et non en train pour pouvoir récupérer mon véhicule», reconnaît Cécile.

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