Deux mois sans sa voiture, un défi impossible?

Expérience A Niort, une douzaine d’automobilistes ont volontairement renoncé à leur véhicule pour quelques semaines…

Benjamin Benoit

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Les participants à l'opération vont remiser leur voiture dans un garage pour quelques semaines, voire définitivement.
Les participants à l'opération vont remiser leur voiture dans un garage pour quelques semaines, voire définitivement. — B.Benoit/20Minutes

Sur les Jardins de la Brèche, la place centrale de Niort, le regroupement d’automobiles ne passe pas inaperçu ce samedi. Pourtant ce n’est pas une réunion de passionnés de la mécanique, au contraire. Chaque conducteur est là pour dire au revoir à son véhicule, qui sera mis sous clé pendant neuf semaines. Le but, apprendre à se déplacer autrement, comme l'explique ce clip qui met en scène une mère et sa fille qui voient leur voiture disparaître:

https://www.youtube.com/watch?v=P1vdy1IJIcA

Derrière cette opération également menée à Bordeaux, on retrouve Koolicar (soutenu par la Maif), qui propose des locations de véhicules entre particuliers. Pour sa chargée d’innovation Elisa Desgranges, l’objectif c’est «de sortir de la possession, d’utiliser la voiture de quelqu’un d’autre par exemple».

Trouver d’autres chemins

De fait, les conducteurs désormais sans voiture ne sont pas abandonnés. Chaque famille participante bénéficie d’abonnements gratuits au réseau de bus de la ville de Niort. Un coût d’environ 2.500€ pris en charge par la communauté d’agglomération. Les participants sont également incités à utiliser les voitures électriques en libre-service ou tout simplement le vélo pour leurs trajets quotidiens.

Pour Maud, qui vient de rendre les clés de son véhicule, cette expérience «va [lui] apprendre à s’organiser». «Il va falloir que je prévoie les horaires de bus, notamment pour que ma fille puisse aller à son centre équestre, précise-t-elle. Je vais aussi en profiter pour réapprendre à marcher au lieu de me déplacer en voiture.»

Tester les réseaux

Sandra, mère de trois enfants, a également décidé de renoncer à l’un des deux véhicules de la famille: «L’objectif, à terme, c’est même de se séparer du deuxième, explique-t-elle, pour passer aux modes de transports alternatifs.» L’opération permet aussi de tester la densité des réseaux de transports en communs. Pour Benoit Roussey, directeur général de Régionlib qui propose des véhicules électriques en libre-service, «le passage du bus au vélo, du bus au train, etc…doit être le plus aisé possible».

Une remarque qui fait dire à Yann, autre participant, que «pour le citadin, c’est assez simple de renoncer à la voiture. En revanche, pour celui qui habite à 20 kilomètres du centre-ville, ça devient plus compliqué».

Un adieu définitif?

A la fin de l’expérience, début décembre, les participants auront le choix entre reprendre leur véhicule ou le laisser définitivement. S’ils choisissent la deuxième option, il sera alors racheté par un concessionnaire automobile. En attendant, certains d’entre eux ont déjà exprimé le souhait de se revoir pour faire des points d’étapes. Une manière de faire naître une nouvelle communauté de «sans ma voiture».

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