A Clichy-Levallois, la gare cherche à séduire les entrepreneurs

Reportage Depuis quelques mois, un espace de coworking s’est installé juste à côté des voies…

Benjamin Benoit

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Quatre bureaux de coworking ont vu le jour juste à côté de la gare.
Quatre bureaux de coworking ont vu le jour juste à côté de la gare. — V. Brito/Flickr

Gare de Clichy-Levallois, à 10 minutes en train de Saint-Lazare (Paris). En cette fin d’après-midi, les voyageurs sont nombreux à passer sous la verrière du bâtiment avant d’accéder aux voies. Pourtant, aucun d’entre eux ne se doute que juste au-dessus de leurs têtes se trouvent quatre bureaux aménagés en espace de coworking susceptibles d’accueillir des voyageurs de passage ou des entrepreneurs, sur quelques mois, voire quelques années .

Les locaux ouverts depuis début 2015 sont situés dans l’ancien logement du chef de gare. Difficile d’être plus près des quais. A l’intérieur, outre les bureaux ouverts 24h/24, il y a également une petite salle de réunion et une cuisine aménagée. Un cadre qui a tout de suite plu à Emilie Villet, l’une des entrepreneuses qui travaillent ici.

Quitter son canapé

Il y a quelques mois, cette habitante de Levallois est victime d’un licenciement économique. Décidée à rebondir très vite, elle monte sa propre structure de conseil et commence à travailler depuis son canapé. Un endroit très tentant…pour ne pas bosser: «Je devenais de moins en moins productive, je me levais de plus en plus tard», explique-t-elle en souriant.

Elle se met donc en quête d’un bureau, et finit par trouver celui situé dans la gare, dans lequel elle s’installe début septembre. «Je l’ai choisi parce qu’il était très bon marché, reconnait Emilie. Je paye environ 300€ par mois hors taxe pour avoir accès aux locaux, à un téléphone et à une connexion internet. Si j’avais dû m’installer ailleurs, j’aurais dû payer le double. Il y aurait eu plus de prestations, mais je n’en avais pas besoin.»

Un vrai test

Le fait de travailler à côté des rails ne la dérange pas du tout. «On entend à peine les trains qui passent, affirme Emilie. Et puis être dans une gare, c’est pratique quand je dois recevoir des clients qui viennent de Paris. Je me suis même rendue compte que ça les mettait en confiance de savoir que je travaillais dans un bâtiment SNCF.»

Côté gestion, la SNCF est effectivement propriétaire des murs, mais c’est une autre société, Intencity, qui est chargée d’exploiter le bâtiment et de remplir les locaux. Pour son gérant, Alexandre Meyer, aménager des bureaux dans une gare, «c’est un vrai test, on va voir si on profite du flux de voyageurs.» Pour l’instant, l’espace n’a séduit que cinq personnes, dont Emilie. Celle-ci reconnait que le coworking est quasi inexistant: «Je partage le bureau avec un autre entrepreneur, mais on est souvent en rendez-vous chacun de son côté.»

Proximité et communauté

Malgré tout, Alexandre Meyer garde l’ambition de créer une communauté collaborative à Clichy-Levallois. «On va faire en sorte que les entrepreneurs se parlent, qu’ils ne restent pas seuls devant leur ordinateur.»

L’expérience de cette gare semble avoir convaincu la SNCF. Elle vient de lancer le projet «Gares partagées» pour aménager 18 gares d’Ile-de-France en 2016, avec une préférence pour les dossiers qui créeront une vraie communauté dans les gares comme les espaces de coworking ou les fab labs.

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