«Sans ma voiture», un mois après

Expérience Un couple qui a renoncé à sa voiture depuis un mois raconte son nouveau quotidien…

Benjamin Benoit

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Peggy est passée de la 4L au vélo cargo pour transporter les enfants ou les courses.
Peggy est passée de la 4L au vélo cargo pour transporter les enfants ou les courses. — B. Benoit/20 Minutes

«On a presque oublié qu’on avait une voiture!». Au bout du fil, l’enthousiasme de Peggy Schmidt est perceptible. Début octobre, cette Niortaise s’est lancée dans l’opération «Sans ma voiture» (portée par Koolicar) avec son mari Yann et ses trois enfants. Comme une douzaine d’autres conducteurs, elle a renoncé à son véhicule personnel, en l’occurrence une Renault 4L.

L’objectif, tenir au moins jusqu’à début décembre en utilisant les transports en commun, le vélo, ou des véhicules en location. Selon Yann, le pari est en passe d’être tenu: «Pour l’instant ce n’est vraiment pas difficile de se passer de la 4L. Il faut dire aussi qu’il n’a pas beaucoup plu…» Un avantage pour ce couple fan du vélo.

100 km par semaine

Peggy et Yann faisaient déjà leur trajet domicile-travail à bicyclette. Depuis qu’ils ont abandonné leur voiture, d’autres parcours se sont ajoutés. Désormais, Peggy emmène ses enfants à leurs activités à la force des mollets.

Pour mesurer les distances, elle s’est équipée d’un compteur. Le résultat est bluffant. «En plus de faire 8 kilomètres par jour pour le travail, il faut rajouter au moins 55 km par semaine pour les autres activités», calcule-t-elle. Soit un total d’une centaine de kilomètres parcourus en vélo chaque semaine.

Sans voiture ou presque

Le couple ne s’arrête pas en si bon chemin, puisque même les courses se font en pédalant. Peggy peut compter sur un atout de poids: «J’utilise un vélo cargo, ce qui permet de charger jusqu’à 80kg de marchandises dessus.» Le nombre de kilomètres avalés a eu une influence positive sur elle. «Je suis en forme, super musclée, rigole Peggy. Le soir, j’ai l’impression que c’est de la bonne fatigue. Rentrer en vélo ça permet de se détendre, de déstresser.»

En un mois, les deux Niortais ne sont montés dans une voiture que deux fois. «La première fois pour aller chercher un poêle à 30 km avec la voiture du voisin, et la seconde pour ramener une vitre, avec une voiture de location», explique Yann. Le couple envisage également de tester les voitures électriques en libre-service présentes à Niort pour aller à la déchetterie. En revanche, les transports en commun n’ont pas leur préférence: «On habite à trois kilomètres du centre-ville et le bus ne passe que toutes les 30 minutes», note Peggy.

Un rôle d’ambassadeur

Leur expérience n’a pas échappé à leur voisinage. «Certains viennent nous en parler spontanément reconnait Peggy. Cela permet de lancer le débat sur la possession d’une voiture. Certains nous affirment qu’ils ne peuvent pas s’en passer, d’autres au contraire culpabilisent.»

Dans un mois, le couple aura le droit de récupérer sa vieille 4L. Mais pas sûr qu’ils la gardent. «J’aimerais la vendre», affirme Yann. Pour Peggy, renoncer à son véhicule personnel est une démarche philosophique avant tout: «Moins on possède de choses, plus on est libre.»

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